Changer de régime après l’auto-entreprise (témoignages)
Publié le jeudi 23 octobre 2014 par Celine Lieffroy | 0 commentaires
Classé dans : Changement de statut - Auto-entrepreneur - Sous-traitance -

Si le succès du statut auto-entrepreneur est toujours aussi important auprès des télésecrétaires, il n’en reste pas moins que pour celles qui souhaitent développer leur activité au-delà des plafonds imposés par la loi, ce statut est temporaire.

Que se passe-t-il quand le chiffre d’affaires de votre auto-entreprise dépasse le plafond autorisé ?

Voici le cas de trois secrétaires indépendantes qui ont connu ce changement de régime. Dans les trois cas, elles ont choisi de continuer « naturellement » vers le régime d’entreprise individuelle.

Cela supposait :

  • D’avoir des obligations administratives et comptables plus contraignantes
  • De devoir facturer la TVA à leurs clients
  • D’être soumises à des charges plus élevées et surtout non proportionnelles au chiffre d’affaires réalisé.

Karine Levasseur, assistante indépendante bilingue anglais dans les Yvelines (78)

Installée en région parisienne, Karine Levasseur a créé Direct Secrétaire en avril 2010.
Bilingue anglais, elle intervient en télétravail ou sur site pour des missions très diversifiées. Elle est également relectrice / correctrice / rédactrice et forme depuis 2 ans des secrétaires et assistantes.

En 2010, Karine avait choisi le statut auto-entrepreneur pour sa simplicité.

« À l’époque, le statut auto-entrepreneur m’est apparu comme étant le meilleur, le plus simple et le plus adapté à ma situation & à mes aspirations. Ce statut, en fait, est une véritable aubaine pour chaque personne qui souhaite s’installer à son compte. »

Elle a changé de statut en octobre 2013, alors qu’elle avait dépassé le plafond de chiffre d’affaires autorisé.

Pour l’accompagner dans ce changement de statut, Karine a choisi de faire appel à un comptable.

« Être en entreprise individuelle demande une gestion comptable différente, mais pas forcément dans le mauvais sens. On paye davantage de taxes, mais on peut désormais déclarer des frais (toujours en relation avec son activité, bien entendu !). J’ai préféré laisser mon comptable gérer tout cela, et avoir l’esprit libre pour mon activité qui s’est développée.
Après, lorsque j’ai le moindre doute, il se renseigne pour moi ou me répond directement bien sûr. Ce qui me fait gagner un temps précieux !
 »

Ce nouveau statut a également entraîné un changement de logiciel de facturation pour pouvoir facturer la TVA.

Karine a pris le temps d’expliquer les choses à ses clients.

« Je travaille avec des clients relativement fidèles, et depuis longtemps. Ce changement de statut n’a donc pas eu une grande incidence. J’ai simplement pris le temps de leur expliquer pourquoi je passais en entreprise individuelle, et ils m’ont plutôt félicitée ! »

Elle ajoute qu’ils sont également intéressés par le fait de pouvoir déduire la TVA. Pour elle, cela ne change pas grand-chose, dans la mesure où elle n’est qu’un relais entre ses clients et l’État.

Mais globalement, elle n’a pas changé sa manière de faire.

« J’applique toujours mes tarifs en fonction de la régularité d’une mission, du volume d’heures, et en prenant en compte plusieurs paramètres : s’il s’agit de télétravail ou non, quel est le budget de mes clients, etc. »

Elle a pourtant dû augmenter certains de ses tarifs, essentiellement sur des missions avec déplacements, du fait de l’augmentation du montant des charges, mais cela s’est fait d’un commun accord.

« Je suis tellement disponible, que finalement, mes clients ont compris où était leur intérêt !
Ils apprécient de pouvoir faire appel à moi le soir et/ou le week-end, où que je me trouve & en cas de besoin !
 »

Karine estime avoir eu beaucoup de chances jusqu’à présent, et a encore beaucoup de projets pour le développement de son activité, notamment à l’international. Elle réfléchit à nouer des partenariats avec certains pays.

« Je ne peux pas prédire de quoi l’avenir sera fait précisément, mais je sais qu’il sera particulièrement riche, comme toujours ! »

Stéphanie Anglade, secrétaire indépendante et écrivain public à Toulouse (31)

Stéphanie a créé Atout Bureau Services en 2010 sous le statut d’auto-entrepreneur.

« Ce choix est venu tout naturellement, car c’était le meilleur moyen de tester mon activité et de la faire démarrer sans avoir trop de charges à payer dès le début. »

Fin 2013, elle dépassait le seuil autorisé, et c’est donc en janvier 2014 qu’est intervenu son changement de statut.

« Comme je savais que j’allais être obligée de changer de statut, j’ai bâti mon prévisionnel de trésorerie 2014 sur la base de mes clients réguliers et je l’ai fait vérifier par une comptable. »

Son prévisionnel en main, Stéphanie est allée consulter une comptable de sa connaissance pour l’accompagner dans ce changement.

« À partir du moment où le seuil AE était dépassé, la bascule sur le régime d’entreprise individuelle se faisait automatiquement à l’URSSAF. Ma comptable s’est chargée d’informer le centre de formalités des entreprises qui a averti toutes les caisses ainsi que les impôts. »

Après un imbroglio administratif complexe, les modifications n’ont finalement été prises en compte par l’URSSAF qu’au mois d’août 2014.

« De ce fait, les autres caisses comme la RAM et la CIPAV n’appelaient pas sur les bons montants et il a fallu attendre que l’URSSAF ait enfin régularisé pour que tout rentre dans l’ordre. »

Le passage en entreprise individuelle au réel n’a pas entraîné de changements majeurs pour Stéphanie.

La plupart de ses clients récupèrent la TVA, et pour les autres elle a négocié une augmentation de tarifs qui a été très bien comprise, d’autant que ceux-ci n’avaient jamais été augmentés.

Elle faisait par ailleurs déjà appel à des sous-traitantes.

« Le fait de changer de statut m’a permis d’avoir un œil plus aiguisé sur la gestion et les investissements. Je me projette davantage sur mes axes de développement, sans avoir l’œil sur le seuil à ne pas dépasser. J’ai la tête plus libre et du coup, plus d’idées en tête. »

Vanessa Letessier, spécialisée dans le secrétariat juridique et la retranscription audio

Installée en Bretagne, Vanessa a créé Assistalinéa en septembre 2010. Elle propose principalement des prestations de transcription de réunions d’instances représentatives du personnel et des prestations de secrétariat juridique auprès d’avocats et d’huissiers.

Alors qu’elle se lançait avec une seule cliente, le statut d’auto-entrepreneur est celui qui lui paraissait le plus avantageux en termes de charges et de prises de risques.

« À partir d’octobre 2013, mon chiffre d’affaires a commencé à bien augmenter. Je pensais que ce développement n’allait pas perdurer, car il reposait uniquement sur un client qui avait augmenté le nombre d’heures de réunion. Celui-ci m’avait annoncé un "retour à la normale" début 2014. Ce retour n’est finalement intervenu qu’à la fin du premier trimestre. Cependant, d’autres de mes clients fidèles m’ont fourni davantage de travaux et j’ai également débuté de nouvelles collaborations. »

Fin avril, son prévisionnel lui montre que son chiffre d’affaires va dépasser le seuil autorisé. Vanessa a donc décidé d’anticiper le basculement, d’autant que l’accroissement du volume de ses missions l’oblige à avoir de plus en plus souvent recours à la sous-traitance, ce qui n’est pas avantageux en auto-entreprise.

Elle a finalement opté pour le statut d’entreprise individuelle après s’être renseignée sur le portage salarial.

« Le portage me donnait le sentiment de perdre une certaine indépendance par rapport à la gestion de mon entreprise et les relations avec mes clients, notamment du fait des contraintes de contrats à leur faire signer. »

Sur les conseils de consœurs, elle a rencontré un expert-comptable qui lui a indiqué les démarches à suivre.

« Il m’a dirigé vers la Chambre des métiers de mon département et mis en relation avec la personne du service dédié à la création d’entreprises. Celle-ci m’a ensuite reçu pour effectuer toutes les démarches auprès des divers organismes. Je n’ai quasiment eu qu’à signer les papiers, et un chèque bien sûr. »

En tout cas, elle n’a pas rencontré de difficultés particulières, si ce n’est la lenteur des différents organismes, ce qui est un peu angoissant tant qu’on n’a pas la certitude que tout ait bien été pris en compte.

Pour ses clients, le seul changement a été la facturation de la TVA, ce qui ne pose aucun problème. Ils sont plutôt contents de la réussite de son entreprise.

Elle ne s’est pas encore posé la question de l’augmentation de ses tarifs, mais compte faire un point en fin d’année avec son comptable avant d’analyser sa grille tarifaire.

Vanessa se sent libérée par ce changement de statut.

« C’est-à-dire que je n’ai plus l’œil scotché sur le chiffre d’affaires pour savoir si je ne vais pas dépasser les seuils. J’ai un peu plus d’administratif à faire, surtout de la comptabilité, mais ayant fait mes études dans ce domaine je suis plutôt contente. De plus, je peux sous-traiter plus facilement puisque je peux désormais le déduire de mes charges. »

Elle espère pouvoir continuer à travailler avec autant de plaisir à l’avenir.

« Mes ambitions sont au minimum de garder constant mon chiffre d’affaires pour 2015, voire de l’augmenter en débutant quelques nouvelles collaborations tout en me créant un réseau de collaboratrices pour m’y aider et pourquoi pas travailler moins pour gagner plus !! »

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