Créer un GIE pour s’associer, témoignage de Véronique Kuborne
Publié le vendredi 20 février 2015 par Celine Lieffroy | 2 commentaires
Classé dans : S’associer - Statuts - Partenariat -

C’est lors de mon dernier article sur l’usage des réseaux sociaux pour une secrétaire indépendante que j’ai appris que Véronique avait créé avec une collègue un GIE. Ce GIE leur avait permis de concevoir, communiquer et vendre une prestation commune alliant l’ensemble de leurs compétences.

Ce n’est pas une forme très connue d’association, aussi lui ai-je demandé de bien vouloir présenter et expliquer son expérience pour Croquefeuille, ce qu’elle a tout de suite très gentiment accepté.

Pour rappel, Véronique a créé actionDentreprise en 2008, au départ avec l’idée de faire du secrétariat basique (saisie, relecture, correction…)

Mais après une formation universitaire en lettres et sociologie et une carrière professionnelle commencée dans le domaine de la communication, l’image et les relations publiques, son profil l’a poussé vers d’autres horizons.

Elle a notamment travaillé pendant six mois pour un formateur indépendant dont elle s’occupait de la partie logistique, administrative et financière de son activité.
En 2010, elle a intégré une société de relocation.
Elle propose essentiellement des prestations logistiques, organisationnelles ou de gestion d’image. Ce sont généralement des prestations « sur mesure » qui incluent du secrétariat et de l’administratif.

Parmi ses nombreuses expériences et missions, Véronique a travaillé un an en binôme avec une collègue au sein d’un GIE, ce qui fera l’objet de son témoignage aujourd’hui...

Qu’est-ce qu’un GIE ?

« Un groupement d’intérêt économique est, en France, un groupement doté de la personnalité morale qui permet à ses membres de mettre en commun certaines de leurs activités afin de développer, améliorer ou accroître les résultats de celles-ci tout en conservant leur individualité. » (Wikipedia)

S’associer…

En tant que professionnelle indépendante, il nous vient parfois à l’esprit qu’en étant deux (ou trois) les choses seraient plus faciles, plus simples, que l’on pourrait répondre à des appels d’offres, à de plus gros contrats, mettre en commun des moyens…

Différentes solutions existent : on peut se contenter d’un apport d’affaires, d’une facturation commune.
Si l’une des partenaires est en entreprise individuelle (EI ou EU), elle peut porter le projet, prendre la facture à son nom et l’autre lui facture la part correspondant à son travail. On peut également créer une SARL… pourquoi pas ?

Dans mon cas, je travaillais sur certains projets avec une amie et collègue. Nous nous complétions : à elle la partie commerciale (prospection active, accompagnement commercial des clients, sollicitation de nos réseaux, organisation de l’argumentaire et de la stratégie commerciale lors de certaines opérations par exemple), à moi la partie logistique et administrative (devis, factures, plannings, sollicitation de prestataires…).

Rapidement, nous avons souhaité « professionnaliser » cette façon de faire, lui donner une identité, une image.
Facturer séparément, chacune avec nos conditions de vente et de règlement, un nom, un compte bancaire, la TVA pour l’une, pas de TVA pour l’autre…, tout cela nous paraissait brouillon et source de réticences pour nos prospects.
Par respect pour ma partenaire, je ne souhaitais pas porter les projets à mon nom seul et lui restituer ensuite sa part.

Nous avons donc cherché les différentes solutions possibles…, et après plusieurs mois, des contacts avec des avocats, des recherches sur le net…, nous avons trouvé le GIE.

Un GIE, comment ça marche ?

Tout d’abord, il faut savoir que c’est une forme d’association très méconnue.
Allez au greffe ou aux impôts, demandez à un comptable…, vous verrez tout de suite de quoi je parle.
Ceci dit, les marchés de Noël ou les opérations spéciales des galeries commerciales fonctionnent souvent sous forme de GIE.

Le GIE est donc une structure extrêmement souple : des statuts simples, une publication légale, un dépôt aux impôts et une immatriculation au greffe. En quelques heures, c’est fait.
On ouvre ensuite un compte d’association, on met en place une identité graphique…, et voilà. On facture de la TVA. Chaque partenaire refacture au GIE sa prestation…, une compta simple, une déduction des frais du CA de chacune…

Cette simplicité cache évidemment quelques obstacles dont le plus important à mon sens est que les membres deviennent co-responsables des dettes et créances du GIE.
Ils engagent donc leur patrimoine, sauf si cette responsabilité a été limitée préalablement.

Attention donc aux partenaires avec lesquels on s’engage.

Ensuite, une autre chose importante : le GIE ne génère pas d’argent en lui-même. Il ne fait qu’encaisser le montant de la prestation et reverse ce montant (hors frais éventuels) aux partenaires.
Il est soumis à des règles comptables comme toute autre entreprise. Il peut juste permettre de déduire de la TVA pour des achats si besoin (si l’une est AE par exemple).

Dans notre cas, il nous a permis d’afficher un nom et une image professionnelle commune (nous avons fait appel à une amie graphiste), nous avons communiqué sur cette « association » originale (blogs, internet, réseaux sociaux virtuels et réels, presse, flyers, cartes de visite…) bref nous nous sommes structurées et « professionnalisées ».

Chacune a systématiquement faire l’effort de prospecter et d’assurer « pour l’autre », les échanges ont été riches et intenses, source de bons moments. Nous avons pu nous entraider dans certains coups durs. Chacune a gardé ses clients personnels, ses projets ; nous n’avons mis en commun que les projets pour lesquels nous devions travailler ensemble.

Nos interlocuteurs, eux, y ont vu un intérêt évident : un interlocuteur unique, qui pouvait si besoin s’adjoindre les services ponctuels d’autres personnes.
C’est ainsi que nous avons pu gérer une campagne d’appels de plus de 2000 contacts en formant une équipe autour de nous, juste pour cette prestation.
Sur d’autres projets, nous avons fait appel à une amie graphiste, un prestataire imprimeur. Nous avons ainsi géré de A à Z certains projets sous un seul nom.

Ce GIE a pris fin il y a peu, car ma partenaire a décidé d’abandonner totalement son activité indépendante et de se tourner vers l’enseignement.

Si cela vous intéresse, une autre fois je vous parlerai des aspects « administratifs et comptables » de cette forme d’association. Moins glamour… mais fondamentaux (dites-le en commentaire à cet article).

Véronique KUBORNE
actionDentreprise
http://www.actiondentreprise.com

Commentaires
Le lundi 9 mars 2015 à 14h20

Merci Céline pour cet article, et merci Véronique pour ce partage d’expérience. Je serai très intéressée de lire le prochain volet concernant les aspects administratifs et comptables.

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Le mercredi 22 avril 2015 à 17h41

Merci beaucoup pour ce témoignage et ces informations riches. Adhérer à un GIE fait partie de mes futurs projets.

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