Elles ont été victimes de plagiat… (Sites internet)
Publié le lundi 11 mai 2015 par Celine Lieffroy | 0 commentaires
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Le plagiat, un petit jeu qui n’est pas sans conséquence...

Construire son site internet demande souvent un investissement en temps, en formation et/ou en argent important pour une secrétaire indépendante.

Or, il n’est rien de plus pénible que de retrouver ses textes, voire son graphisme, repris par une consœur peu scrupuleuse.

Pour rappel, le plagiat est interdit par la loi. En droit, on parlera plutôt de contrefaçon.

D’après Wikipédia, « la contrefaçon est le fait de reproduire ou d’imiter quelque chose sans en avoir le droit ou en affirmant ou laissant présumer que la copie est authentique. »

Celle-ci relève à la fois du droit commercial et du droit à la propriété intellectuelle. On parlera aussi de vol de contenu.

Par ailleurs, il est à noter que Google sanctionne le « contenu dupliqué » en désindexant les pages identiques.

Alors que je recherchais des témoignages de télésecrétaires victimes de plagiat, je me suis néanmoins rendu compte d’une certaine ambigüité quant à la notion de plagiat.

Le plagiat ne concerne en effet qu’une œuvre « originale » créée par son auteur. En aucun cas, ne peuvent être taxé de plagiat, le fait de reprendre une image ou un logo vendu par des banques d’images.

Les secrétaires indépendantes utilisant ce type d’illustrations ne pourront pas empêcher d’autres secrétaires de faire de même.

Il en va de même pour des phrases typiques de la profession que l’on retrouvera sous différentes formes dans quasiment l’intégralité des sites internet.

En cas de doute, il est fortement préconisé de consulter un avocat avant d’être vous-même taxé de diffamation en accusant de vol quelqu’un sur internet.

Voici, le témoignage de cinq secrétaires indépendantes victimes de plagiat. Comment s’en sont-elles rendu compte ? Comment ont-elles réagi ? Comment lutter contre les plagiaires ?

Nathalie Gonzales, « mon site avait été copié du début à la fin »

Nathalie est secrétaire indépendante à Oullins, près de Lyon.

Après 14 ans d’expérience, elle a créé Comme au bureau, en 2009, sous le statut d’auto-entrepreneur. Elle propose des prestations de secrétariat administratif et bureautique.

C’est une consœur rencontrée sur le forum qui a réalisé son site internet.

Bien que le tarif ait été assez bas, son site a représenté tout de même un investissement, aussi bien en argent qu’en temps passé sur les textes.

« Je n’arrivais pas étoffer mon site avec du contenu. Je sais parfaitement faire mon travail, mais je ne sais pas le vendre, et bien l’expliquer à l’écrit. Donc, j’ai fait de mon mieux pour avoir quelque chose sur mon site, même si je trouve que c’est encore peu. J’ai d’ailleurs fait l’effort de ne pas trop m’inspirer d’autres sites pour ne pas plagier justement ! Cela m’a pris un peu de temps en réflexion, écriture... »

C’est en juin 2012 qu’elle s’est aperçue pour la première fois que son site avait été plagié.

Elle est tombée « par hasard » sur le site plagiaire en faisant des recherches sur internet.

« Je tombe sur une, deux... quelques phrases qui me parlaient bien. Eh oui, effectivement, elles pouvaient me parler, puisque c’était exactement les phrases de mon site internet. Mon cœur a fait un bond ! J’étais stupéfaite ! Le site avait été copié du début à la fin, jusqu’à mes tarifs… J’étais très, très, très en colère ! »

La plagiaire n’est autre qu’une ancienne collègue, la personne qu’elle avait formée pour la remplacer sur son ancien poste salarié. Elles s’entendaient bien. Nathalie lui avait fait part de ses progrès et de la réalisation de son site internet qu’elle était toute fière de lui montrer.

« Trois ans après, la mistinguette avait décidé de se lancer en indépendante et s’est contentée de copier tout bonnement mon site, qu’elle a fait sur une plateforme gratuite, d’ailleurs. »

Nathalie cherche aussitôt à joindre la plagiaire, sans succès. Les appels sont filtrés et les mails restent sans réponse, « malgré (ses) menaces de faire appel à un avocat et d’aller jusqu’au bout d’une procédure s’il le fallait ».

« Non seulement j’avais été copiée, mais en plus par une connaissance ! Ça rajoute à la trahison... »

Au bout du troisième mail sans réponse, Nathalie décide de prendre contact avec une avocate.

« À l’époque, cette personne faisait des études de droits, en parallèle de son job. Je me suis toujours dit qu’elle pensait que je ne ferais rien, au vu des frais qu’il faudrait engager, que j’avais beau faire des mails, cela ne servait à rien. »

L’avocate lui confirme qu’il s’agit bien de plagiat, celui-ci allant jusqu’à ses conditions générales de ventes (CGV), et signifie à la plagiaire que celle-ci doit enlever son site sans délai.

« Pour la suite, si la personne n’enlevait pas le site, je pouvais aller plus loin, engager une procédure, mais j’aurais dû avancer les frais, et il n’était absolument pas certain que je gagne au moins la somme engagée à la fin de la procédure (ça fait peur quand même...)  »

Finalement, Nathalie a dû débourser la somme de 245 euros pour ses frais d’avocat comprenant la consultation, les frais de recherche et de rédaction du courrier.

« Dès réception de son recommandé, qui a dû lui faire peur (car signifié par un avocat), elle a retiré le site. D’après le peu de moyens que j’ai pour vérifier les plagiats, il ne me semble pas qu’elle ait recommencé. »

Depuis, Nathalie a connu d’autres plagiats de moindre conséquence, mais toujours avec des personnes de mauvaise foi.

Elle n’a rien mis en place pour l’aider dans la lutte contre le plagiat, mais compte de toute façon refaire son site prochainement.

« Je vérifie de temps en temps avec Google si des phrases sont reprises (mais ça fait longtemps que je ne l’ai pas fait), ou avec Copyscape... »

En conclusion, Nathalie s’étonne du peu de sérieux de ces personnes, sans parler des conséquences aussi bien du point de vue des sanctions juridiques que de la mauvaise réputation acquise dans le milieu des assistantes indépendantes.

« Elles ne doivent pas être si investies que ça dans leur projet pour "accepter" d’avoir la même présentation que quelqu’un d’autre. C’est quand même une fierté, lorsque l’on monte son projet, de savoir qu’on a tout fait par nous-mêmes. Cela permet de faire les choses à notre image, c’est plus personnel, cela implique vraiment la personne. Pour moi, les personnes qui copient ne sont en fait pas sérieuses dans leur projet. »

Ludivine Casat, « le plagiat m’arrive toutes les semaines »

Ludivine est secrétaire indépendante. Elle a créé Clairassistance depuis bientôt deux ans. Elle travaille pour les professionnels et les particuliers dans le secteur de Montpellier et à travers toute la France.

Elle a créé son site internet elle-même, avec l’aide de son ami qui est lui-même webdesigner et webmaster.

« Il m’avait appris les bases de la création, et ce domaine m’a tellement plu que je me suis formée davantage dans ces prestations afin de pouvoir les proposer à ce jour. De la réalisation du logo et du site internet jusqu’au référencement naturel, je peux donc offrir un service complet. »

Bien qu’elle ait disposé de tout le matériel nécessaire, ainsi que des logiciels pour créer son site elle-même, celui-ci n’en a pas moins représenté un investissement en temps et en travail.

Son site est protégé par Copyright, ce qui ne l’empêche pas d’être plagié régulièrement. Elle s’en aperçoit au moyen de divers logiciels de duplicate content qui se complètent.

« Le plagiat m’arrive toutes les semaines. Ma réaction ? (Rire) Je suis quelqu’un avec un grand cœur, mais quand je me rends compte qu’on a volé mon contenu, je vois rouge ! »

Dans 99 % des cas, ce sont des consœurs.

« Elles ne se rendent pas compte du temps que cela m’a pris pour tout créer. Je trouve cela vraiment pas professionnel du tout de copier entièrement sur les autres. Cela prouve qu’elles n’ont aucune originalité et aucune personnalité. »

L’une d’elles a récemment recopié l’intégralité de son site…

« Les photos, les images, le slogan, le logo et même les mentions légales… Elle n’avait même pas pris la peine de changer mon nom par le sien. Elle ne s’en était soi-disant pas aperçue. (Rire) »

Le plagiat constaté, Ludivine cherche à joindre la plagiaire, soit par téléphone quand c’est possible, soit par mail « car les écrits restent pour les preuves ». À défaut de retour, elle insiste.

« Le fait d’insister fait que, dans la plupart des cas, les personnes enlèvent tout. Mais dans certains cas, malheureusement, nous tombons sur des têtus qui ne se rendent pas compte des préjudices et des conséquences. »

Ludivine passe alors à une procédure par lettre recommandée. Une première lettre est envoyée pour avertir la personne et lui demander de retirer intégralement les éléments plagiés. À défaut de réponse, une seconde lettre est envoyée.

« Si toujours pas de réponses, nous faisons appel à notre avocat. Le site étant sous Copyright, nous sommes donc couverts, et les frais reviennent entièrement au plagieur. »

La lettre de l’huissier fait toujours son effet, sauf pour les cas les plus difficiles…

« Nous sommes en procès, en ce moment même, avec une secrétaire à distance qui refuse catégoriquement la levée des écrits. Affaire à suivre… La justice française est très longue, mais nous avons toutes les cartes de notre côté. »

Les frais engagés sont uniquement les frais pour lettres recommandées. L’avocat est rémunéré par un pourcentage sur les résultats de l’affaire.

« C’est un habitué de ces cas-là. Lorsqu’un site est protégé et que sa clientèle lui apporte les preuves irrévocables d’un plagiat, il sourit, car c’est gagné d’avance. Seul le temps est un inconvénient. »

Ludivine conseille fortement de protéger par Copyright, mais cela n’empêche pas « les vols ».

« Il n’y a pas vraiment de moyen pour lutter contre le plagiat. Tout le monde peut en être victime un jour ou l’autre. Le seul recours est la justice, car ce mot effraye beaucoup de monde de nos jours. »

Outre les sanctions légales, les plagiaires s’exposent à une mauvaise réputation.

« Elles n’ont aucun respect pour les personnes qui se donnent la peine de réussir. Car copier à l’identique ne fait pas d’elles des professionnelles, mais des mythomanes. Avec les réseaux sociaux, ces informations naviguent très vite, ce qui fait qu’elles sont grillées avant même d’avoir commencé. C’est dommage pour elles. »

Caroline Sire, « j’ai considéré cela comme un vol »

Après une expérience de plus de 12 ans en cabinet d’avocat, Caroline a décidé de se lancer à son compte et de proposer ses services aux professionnels tels que les avocats, huissiers et autres professions.

Elle a créé son activité en janvier 2012 dans l’Eure (27).

Son site a été réalisé par une consœur, mais elle a dû travailler sur ses textes.

« Il convient de présenter le plus clairement et simplement possible les prestations proposées. L’investissement en temps, en travail et en argent est important, mais nécessaire. Je ne regrette pas du tout ces investissements. »

Elle a été plagiée une première fois en décembre 2013. C’est la personne qui avait créé le site qui l’a prévenue.

« Je l’ai très mal pris et cela m’a beaucoup perturbée. J’ai considéré cela comme un vol, vol du temps passé, de l’argent investi et également de l’imagination. »

Caroline a contacté la plagiaire par mail, « car bien évidemment il était impossible de la joindre par téléphone ».

« Elle n’a pas du tout apprécié ma démarche et j’ai dû insister et la menacer. Elle avait une page Facebook sur laquelle plusieurs personnes que j’avais prévenues sont allées pour l’inciter à modifier ce qu’elle avait plagié. Elle a fini par supprimer tout le plagiat, mais cela a duré quelques jours avant que je n’obtienne gain de cause. »

Caroline avait quand même prévenu un avocat au cas où.

« Ces personnes ne se rendent pas compte que le plagiat est ressenti comme un vol. Il faut le leur expliquer et leur faire comprendre qu’avec un manque d’imagination à ce point, elles n’ont que peu de chances de décrocher des clients. »

Son conseil est de rester vigilant, même si elle avoue ne pas toujours l’être elle-même et ne pas prendre le temps de vérifier si elle est de nouveau plagiée (cela lui est arrivé trois fois).

Laetitia Baray, « je dépose systématiquement une plainte à Google »

Mère de trois enfants, Laetitia s’est lancée comme secrétaire indépendante suite à un licenciement économique.

Elle a créé Plume assistante en octobre 2009, près de Dieppe.

C’est elle qui a créé son site internet. D’abord réalisé à l’aide de Dreamweaver, il a évolué depuis sous WordPress. Cela a représenté un certain investissement en temps de travail et de formation, pour prendre ces logiciels en main.

Laetitia a commencé à être plagiée deux ans après la réalisation de son premier site.

« Deux années pendant lesquelles j’ai travaillé mon référencement naturel, si bien que mon site s’est retrouvé sur la première page de Google. Aujourd’hui, je suis victime de plagiat 2 à 3 fois par mois. Cela devient épuisant et me fait perdre du temps. »

Contactées par téléphone ou par mail, les personnes réagissent souvent mal et se défendent d’avoir plagié.

« "Ce n’est pas moi qui ai fait mon site », "en effet, ça ressemble au vôtre" ou encore "c’était juste en attendant de faire mes propres textes", les réactions sont toujours les mêmes. Les personnes ne sont pas du tout franches dans leurs réponses. Certaines réagissent encore plus mal en m’accusant de les harceler ! »

La procédure peut prendre du temps, d’autant que Laetitia ne souhaite pas faire appel à un avocat. Elle utilise de préférence les courriers recommandés.

Elle agit également au niveau de Google.

« Maintenant, quand je suis victime d’un plagiat, je dépose systématiquement une plainte à Google. Au bout d’une semaine environ, celui-ci désindexe le site de la personne qui a plagié. »

Laetitia utilise aussi le moteur de recherche pour organiser une veille et surveiller des éventuels futurs plagiats.

« J’ai mis en place, il y a de cela plusieurs années, une veille via Google. Il suffit de renseigner les mots-clés et on reçoit des infos par email. Quand un nouveau site de télésecrétaire vient d’être mis en ligne, ou quand un article sur le télésecrétariat sort sur internet, on est tout de suite au courant. »

Elle se sert également ponctuellement du site gratuit Positeo, sur le même principe que Copyscape.

Si vous aussi vous avez été plagié.e, partagez votre expérience en commentaire. Quels sont les moyens que vous avez mis en place pour obtenir gain de cause ?

Crédits photo : Marina del Castell

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