Faire le choix de la coopérative...
Publié le lundi 25 janvier 2016 par Celine Lieffroy | 5 commentaires
Classé dans : Statuts - Coopérative - Salariat - Accompagnement -

Nous sommes certaines télésecrétaires à avoir opté pour le statut d’entrepreneure-salariée au sein d’une coopérative. Pourquoi ? Quels sont les avantages ?

Comme la plupart d’entre vous le savent déjà, j’exerce moi-même en coopérative depuis 2009. C’est donc un sujet qui me tient à cœur.

Si j’ai rencontré complètement par hasard cette forme originale d’entreprise, j’ai très rapidement été convaincue de l’intérêt qu’elle pouvait représenter pour moi, comme pour d’autres, ceux qui souhaitent entreprendre, mais n’ont pas forcément l’âme d’un « patron » ou d’un « chef d’entreprise ».

Personnellement, créer une société n’a jamais été un rêve pour moi.

Ce dont je rêvais, c’est de pouvoir créer mon métier, pouvoir l’exercer comme je le souhaite, choisir ma stratégie de développement, choisir mes prestations, mes clients, mes horaires… pouvoir apprendre de nouvelles choses, pouvoir « évoluer », comme on dit en entreprise, sans devoir en référer à mon N+1 et attendre le prochain entretien d’évaluation…

Pourtant, j’avais déjà créé, puisque j’avais ouvert une librairie spécialisée en histoire à Paris. Je m‘étais formée pour ça, par un DUT en gestion. J’avais réalisé mon business plan et trouvé les financements nécessaires. Alors, monter ma petite entreprise de secrétariat n’aurait sans doute pas été un problème…

Comme la librairie était en liquidation, je souhaitais me laisser le temps pour recréer quelque chose. Je cherchais un statut « intermédiaire »… J’ai rencontré des couveuses, mais aucune ne m’a convaincue, et puis j’avais l’impression d’être un peu « assistée », alors que j’avais quand même déjà monté une boite… J’ai songé au portage salarial, mais leur système de contrat me paraissait tellement compliqué que j’hésitais encore à franchir le pas.

Quand on cherche, on trouve…
Je me suis finalement inscrite à une réunion d’information collective sur Coopaname. Le nom ne me plaisait pas trop à l’époque, et je n’avais pas très bien compris en quoi cela consistait… La personne en charge de la Maison de l’économie et de l’emploi du 13ème arrondissement m’avait expliqué que c’était un peu entre la couveuse et le portage, alors pourquoi pas ? Et puis je voulais en savoir un peu plus sur cette forme coopérative…

J’ai finalement rencontré Véronique qui animait cette infocoll. Elle nous a expliqué pendant quasiment deux heures en quoi consistait le principe de la coopérative.

De premier abord, c’est vrai qu’il y a un petit peu du portage salarial là-dedans. L’entrepreneur.e intègre la coopérative pour développer ses prestations. Juridiquement, c’est la coopérative qui facture les clients, même si l’entrepreneur.e garde la main sur la relation commerciale. Les clients payent la coopérative qui salarie l’entrepreneur.e.

Jusque là, ce n’était pas très nouveau. En plus, pour ses services, la coopérative prélevait à l’entrepreneur des « frais de gestion » correspondant à 10 % de son chiffre d’affaires. Là encore, forte similitude avec le portage salarial…

Ce qu’il n’y aurait peut-être pas en portage, c’est toute la partie « accompagnement » et formations que l’on retrouve en revanche dans le système des couveuses.

Mais la différence avec la couveuse semble claire. L’objectif de la couveuse est de tester, de valider, puis de sortir, soit pour créer son entreprise ou trouver un autre statut, soit pour retrouver un autre projet si le test n’a pas été concluant.

Si les coopératives ont en général aussi cette partie « couveuse », l’idée première reste de salarier les entrepreneurs et de pérenniser leur activité au sein de la structure, et non de les pousser vers la sortie.

Alors pourquoi une coopérative n’est-elle pas une boite de portage salarial ?
Justement, parce que c’est une coopérative ;-)

Qu’est-ce qu’une coopérative ? C’est d’abord (le plus souvent) une SCOP (société coopérative ouvrière de production). Or, une SCOP appartient majoritairement à ses salarié.e.s qui participent à la gouvernance de l’entreprise en votant en assemblée générale les décisions les plus importantes qui engagent la SCOP.

Les entrepreneur.e.s qui entrent dans une coopérative d’activités ont donc vocation à s’impliquer dans la gestion de leur SCOP en en devenant associé.e.s. Peu importe le capital qu’ils apportent à la SCOP, chaque entrepreneur.e représente une voix, selon le principe « une personne = une voix ».

Rassurez-vous, je ne vais pas entrer plus dans les détails, ce n’est pas le lieu de le faire et je ne suis ni juriste ni spécialiste des SCOP. Mais c’est là que réside la différence principale avec toute autre forme de portage non coopératif.

Concrètement, on ne va pas vous demander de devenir associée dès que vous poussez la porte de la coopérative pour parler de votre projet. L’important, dans un premier temps, reste le projet, le développer, lui en donner les moyens. Or, les coopératives disposent de plusieurs atouts pour vous y aider : l’accompagnement individuel, l’accompagnement collectif avec les autres entrepreneur.e.s, les échanges de pratiques, les formations, etc.

Pour en revenir à ma réunion d’information, Véronique avait d’ailleurs été très convaincante sur le sujet.
J’ai entendu « collectif », « solidarité », « entraide », mais aussi « autonomie », car personne ne va venir remettre en cause mes choix stratégiques en ce qui concerne mon activité propre…

Elle a été si convaincante que j’ai de suite pris rendez-vous avec Vincent pour intégrer Coopaname. Je n’avais pas seulement trouvé une solution intermédiaire, mais surtout une solution pérenne : adieu l’expert-comptable, le fisc, le RSI, l’URSSAF et tout ça !

Au sein de Coopaname, le temps était ponctué par mes RDV (assez distants, car j’étais déjà assez avancée dans mon projet) avec Vincent, mon référent, et par les « mensuelles » sur l’actualité de la coopérative. C’est aussi là qu’on prépare les décisions à prendre. Puis, les rendez-vous se sont multipliés. J’ai intégré le collectif des rédacteurs/trices, le collectif communication… J’ai créé un collectif dédié aux prestataires administratifs. Et puis, il y avait des temps de réflexion collective sur des sujets particuliers, les « universités d’automne ». Les sujets étaient variés, comme les coopérations entre entrepreneurs, le rapport à l’argent (les tarifs)… Enfin, je suis devenue associée. Alors, il y a eu les assemblées générales, les séminaires associé.e.s… bref, une vie entrepreneuriale très riche, mêlant mon projet personnel (qui entre-temps était devenu collectif) et une aventure collective partagée avec les autres entrepreneur.e.s.

Pour finir ma petite histoire, ayant quitté Paris et souhaitant arrêter mon activité de retranscription audio, je suis sortie de Coopaname (eh oui, on peut aussi sortir quand on le souhaite).
Arrivée dans ma campagne bretonne, j’ai repris l’administration du forum des secrétaires indépendantes, développé LEXIRIS.fr, continué Croquefeuille. Pour cela, il me fallait un cadre. J’ai fait au plus vite et créé une EURL.

Mais bon, toute seule, l’aventure entrepreneuriale me paraissait fade. Ma comptable est sympa, mais… comment dire ?...

Finalement, en mai 2015, j’ai rejoint Oxalis-SCOP et son établissement de Rennes.
C’est une coopérative dont les outils de gestion et de gouvernance sont tout à fait adaptés à des entrepreneurs éparpillés sur le territoire. Nous sommes environ 200 coopérateurs/trices, réparti.e.s sur huit établissements en région, le siège est à Meythet près d’Annecy, en Haute-Savoie.

En plus, Oxalis, Coopaname et trois autres coopératives ont décidé de se rapprocher au sein d’un grand projet Bigre ! rassemblant cette fois 7 000 coopérateurs réalisant plus de 20 millions de chiffre d’affaires. Je reste en lien avec Coopaname dont je suis toujours associée.

Pour vous convaincre de l’intérêt de la formule, voici les témoignages de 5 entrepreneures qui ont fait le choix de la coopérative.

Catherine Delrue est secrétaire indépendante près de Rennes (35)

Elle a intégré Élan créateur en 2010.

Pourquoi est-elle devenue secrétaire indépendante ?

« C’est un métier que je connais parfaitement et du fait de peu d’offres CDI en secrétariat, j’ai eu envie de tester l’indépendance. »

Catherine propose des prestations d’assistance administrative (saisie, mise en page sous Word, Excel, PowerPoint, préparation à la comptabilité, facturation, gestion des demandes d’aides financières) et de retranscription audio (PV de comités d’entreprise).

Elle est spécialisée en juridique, commercial et secrétariat technique (bâtiment), et travaille aussi bien sur site, dans les locaux de ses clients, qu’à distance.

Ses clients sont des PME (blanchisserie, distributeur d’énergie, agent commercial, promoteur, élevage de chevaux), des comités d’entreprise et une association sportive.

« J’ai choisi la coopérative qui me semblait être ma solution afin de créer rapidement (un client attendait). Ce statut m’a permis également de tester la viabilité de mon activité sans prendre aucun risque et de continuer à avoir le statut de salarié (avec tous ses avantages). »

Elle a connu Élan créateur via l’antenne de la CCI de Guichen.

Pour commencer, Catherine a signé, en janvier 2010, une convention d’accompagnement de trois mois, avant de signer un CDI dès le mois d’avril.

Le parcours d’intégration a été très riche.

« Les explications étaient claires sur le fonctionnement de la coopérative, sur les fonctions de chacun, sur les droits et obligations du porteur et de la coopérative. »

Pour elle, les avantages de la coopérative sont les suivants :

  • Statut salarié (sécurité)
  • Accompagnement comptable, juridique, commercial
  • Déclaration sociale et fiscale (rien à faire)
  • Ateliers de formation et de perfectionnement
  • Encadrement très riche du personnel permanent
  • Échanges avec d’autres professions

En ce qui concerne les charges, elle cite les charges sociales (salariales et patronales), les frais de gestion versés à la coopérative en fonction du chiffre d’affaires et des achats et frais (très peu élevés dans notre profession).

« Je n’ai pas cherché à faire de comparatif avec d’autres statuts qui offrent beaucoup moins de sécurité. Il se peut que les charges soient moins élevées (mais j’en doute) dans d’autres statuts.
L’avantage est que les charges sont payées mensuellement et sont fonction soit du salaire soit du chiffre d’affaires. En aucun cas, il ne peut y avoir de redressement sur les chiffres d’affaires réalisés les années précédentes
. »

Elle conseille le choix de la coopérative « pratiquement dans tous les cas » :

« La coopérative permet de tester son activité grandeur nature sans prendre de risque.
Cette intégration est d’autant plus facile après un licenciement, puisqu’il est possible de travailler tout en gardant ses allocations chômage. Cela permet de prospecter et de tester son activité sur une période allant de 12 à 24 mois, sans perte financière ou, tout du moins, en les limitant.
Aucune démarche à faire pour la création : le porteur bénéficie du numéro Siret pour facturer.
Un logiciel de devis et de facturation est à la disposition des entrepreneurs (gratuit).
Accompagnement de professionnels et vie d’entreprise (repas, rencontres…)
Association : échange, partage, créativité, développement de l’ESS (économie sociale et solidaire, les requins n’y ont pas leur place)
. »

Catherine est devenue associée d’Élan créateur en 2014.

Pour en savoir plus sur l’activité de Catherine :
http://cae35.coop/coopentrepreneurs/143/auxilium

Corinne COTTIN est assistante administrative et commerciale à Châtellerault (86)

Elle a intégré l’AceaScop en 2011.

Pourquoi est-elle devenue secrétaire indépendante ?

« Pour l’indépendance, la diversité des clients, proposer de la souplesse aux structures n’ayant pas assez de volume de travail pour employer un salarié. »

Corinne propose de la gestion administrative et commerciale (gestion de courrier, saisie, classement, remise de chèques...) dans les locaux de ses clients sur site, mais aussi de la transcription audio, de la gestion d’appels, de la prise de rendez-vous, prestations qu’elle effectue à distance.

Ses clients sont essentiellement des TPE, voire des structures en phase de création.

Elle a choisi la coopérative d’activités pour « tester un projet, en étant accompagnée et rompre l’isolement. »

Pourquoi l’AceaScop ?
« Pour la proximité, son fonctionnement et le premier contact. »

Corinne a commencé par signer un contrat CAPE avant de devenir salariée.

« Après la signature d’un CAPE, j’ai participé aux ateliers pour mettre en place ma com., mes tarifs, cibler ma clientèle... Les premiers clients sont arrivés au bout de quelques mois. »

Quand, je lui pose la question des inconvénients de la coopérative, elle me répond que, pour elle, elle n’en voit pas, mais « pour certains, le pourcentage laissé à la SCOP, les objectifs à réaliser, l’obligation d’utiliser un logiciel spécifique » peuvent être des freins.

La cotisation à la coopérative est de 11,5 % du chiffre d’affaires HT ou de la marge brute (moins la sous-traitance, par exemple).

Pour elle, les avantages sont importants :

« Pouvoir tester un projet en gardant une couverture sociale, et pour certains les droits Pôle emploi.
Par les ateliers thématiques, on est formé. On a également un accompagnement personnalisé en cas de besoin. On est donc moins isolé par rapport aux autres statuts.
L’isolement est également rompu par le contact avec les autres entrepreneurs lors des réunions, ce qui nous amène à côtoyer des personnes de milieux et de métiers différents.
 »

Pour en savoir plus sur l’activité de Corinne :
http://www.cb.assistante-administrative.sitew.com

Alexandrine Lochu est secrétaire indépendante dans le Calvados (14)

Elle a intégré Créacoop14 en 2013.

Pourquoi est-elle devenue secrétaire indépendante ?

« À la base, j’ai une formation de secrétaire comptable. J’ai travaillé pendant une dizaine d’années pour diverses entreprises, mais je n’étais pas satisfaite. Je voulais créer quelque chose et être utile aussi. Vu que j’aimais mon métier, j’ai décidé de créer mon activité de secrétaire indépendante. »

Alexandrine propose de la gestion administrative et commerciale (saisie des documents, devis, factures, relances, création et mise à jour de fichiers, etc.).
Elle travaille le plus souvent sur site, dans les locaux de ses clients, mais aussi parfois à distance.

« J’ai des missions régulières avec des clients depuis le début de mon activité (le plus gros de mon travail), mais j’ai aussi des clients qui font appel à moi pour des missions ponctuelles. »

Ses clients sont essentiellement des professions libérales (infirmières, kinés), mais aussi des PME, des auto-entrepreneurs et une association.

Elle a connu l’existence des coopératives d’activités par hasard.

« Quand j’ai décidé de me mettre à mon compte, je me suis beaucoup renseignée sur le statut auto-entrepreneur, mais il y avait des parties de ce statut qui ne me convenait pas. Je ne me voyais pas me lancer toute seule. »

Finalement, c’est son « voisin qui (lui) a parlé d’une personne qu’il connaissait » qui faisait partie de Créascop14.

« J’ai participé à une réunion collective en septembre 2013. J’avoue avoir été séduite par le concept. J’ai aussitôt pris un rendez-vous individuel avec le gérant, et c’était parti ! »

Après la réunion collective, Alexandrine a donc eu plusieurs rendez-vous individuels pour faire un diagnostic de son projet.

Une fois, son projet défini, elle a signé une convention d’accompagnement (d’une durée de trois mois, renouvelable une fois).

« Pendant la période de la convention d’accompagnement, vous participez à des ateliers de formation collective (gestion, comptabilité, commercial…). L’objectif est de nous donner tous les outils nécessaires pour développer et gérer notre activité. »

Alexandrine est devenue salariée dès qu’elle a commencé à facturer ses clients.

Elle précise que les entrepreneurs continuent de percevoir leurs allocations chômage, au prorata de leurs revenus, s’il leur reste des droits (on commence souvent avec un contrat à temps partiel).

Pour elle, les avantages de la coopérative sont les suivants :

« Tout d’abord, vous êtes accompagné dans votre projet. On vous aide à répondre à toutes les questions que vous pouvez vous poser sur la création d’entreprise.
Ensuite, vous avez le droit à des ateliers de formation collective. C’est trop top ! On vous apprend à devenir un entrepreneur.
Vous avez accès à un réseau via les réunions trimestrielles. Vous n’êtes plus seul. D’autres entrepreneurs sont là pour vous soutenir, vous êtes entourés.
Un autre avantage, c’est que vous cotisez toujours pour le chômage et votre retraite, ce qui n’est pas rien
. »

Elle reconnaît néanmoins que les charges sont élevées, « mais c’est le cas pour tout le monde ».
Elle cite les charges patronales, les charges salariales, les 10 % de la coopérative et les assurances.

« Grâce à la coopérative, j’ai appris à devenir entrepreneur. J’ai eu le soutien nécessaire quand cela n’allait pas, et j’ai développé un réseau (certains sont devenus des amis). Nous sommes des Créacopains. C’est une relation très conviviale… »

Alexandrine compte devenir associée de « sa » coopérative d’ici un an, et a participé à une réunion d’information sur le sujet du sociétariat.

Pour en savoir plus sur l’activité d’Alexandrine :
http://alexandrine-secretariat.fr/

Yolande Peyret est secrétaire indépendante dans le nord de l’Ardèche (07)

Elle a intégré Pollen SCOP, en 2015.

Pourquoi est-elle devenue secrétaire indépendante ?

« J’ai choisi de me lancer dans ce métier afin d’aider les artisans, les professions libérales, les dirigeants de PME, les associations… à gérer leurs charges administratives, à faire face aux imprévus, tels que l’absence d’un salarié, un surcroît de travail, une urgence, un besoin ponctuel, et ainsi de leur permettre de se concentrer entièrement sur leur cœur de métier. »

Yolande propose de l’assistance bureautique et administrative, de l’assistance commerciale et de l’assistance RH.
Ses clients sont des artisans ou des commerçants.

« Je n’ai pas de spécialité pour le moment. Comme j’ai débuté mon activité récemment, les missions sont ponctuelles et je n’ai pour l’instant que travaillé à distance. »

C’est aussi complètement par hasard qu’elle a connu les coopératives d’activités, alors qu’elle pensait se lancer en portage.

« Un jour, j’ai contacté la CCI qui se trouve près de chez moi pour lui poser une question en rapport avec le portage salarial. La personne qui m’a renseignée a évoqué la coopérative d’activités et m’a indiqué qu’une réunion d’information se tiendrait le lendemain de mon appel. J’ai donc pris contact avec Pollen SCOP. Je suis allée à la réunion et j’ai tout de suite été séduite par leur fonctionnement. Je me suis rendu compte qu’il y avait une véritable valeur ajoutée par rapport au portage salarial du fait que je bénéficiais d’un accompagnement, mais aussi que je conservais le statut de salariée. Les frais étant similaires entre les deux structures. »

Yolande a finalement intégré Pollen sous contrat CAPE en avril 2015.

« Je n’ai pas souvent eu recours à l’accompagnement, car j’ai connu Pollen SCOP après m’être procurée le pack installation. Quand j’ai rencontré mon accompagnatrice, mon projet était déjà bien avancé. »

Elle trouve les charges un peu élevées (12 % de la marge brute avec un minimum de 50 euros/mois en moyenne sur l’année).
Sous CAPE, elle ne paye pas encore de charges sociales.

Pour elle, « le principal avantage est de conserver le statut de salarié, mais aussi le fait de bénéficier d’un accompagnement ». Elle cite aussi :

  • La gestion par Pollen SCOP de la partie comptable et des déclarations sociales et fiscales
  • Elle continue de percevoir ses indemnités chômage
  • Les rencontres entre entrepreneurs qui permettent de rompre l’isolement

Pour en savoir plus sur l’activité de Yolande :
http://www.duclicalasouris.fr/

Marie Valleton est secrétaire freelance près de Clermont-Ferrand (63)

Elle a intégré Appuy Créateurs, en 2015.

C’est après deux licenciements économiques successifs que Marie a décidé de se lancer à son compte.

« Devenir secrétaire indépendante n’a pas été une évidence. Bien avant la fin de mon contrat en juillet 2014, la société était en redressement judiciaire depuis un an et je savais que mon poste serait supprimé.
Un jour, j’en ai discuté avec des dirigeants d’une société avec qui nous étions en contact (sous-traitance). L’un d’eux m’a dit que leur structure était en pleine embauche pour de la main-d’œuvre, et qu’une secrétaire volante pourrait les intéresser…
 »

Marie adapte ses prestations en fonction des clients.

« Actuellement, je suis dans des prestations de type création de bases de données, recherche documentaire… Il s’agit de missions ponctuelles et courtes. »

Ses clients actuels sont des freelances qui ont des besoins ponctuels et urgents.

Au départ, Marie souhaitait s’installer en SASU et avait suivi le stage de préparation à l’installation (SPI) à la Chambre des métiers.

Conseillée par Pôle emploi, elle a finalement choisi d’intégrer Appuy Créateurs sous contrat CAPE, pour « tester (son) projet grandeur nature sans avoir d’investissement financier à prévoir. »

Marie a pu suivre un parcours d’intégration sur juin et juillet 2015 dont elle a trouvé les thèmes enrichissants :

  • Développer son activité au sein d’une coopérative
  • Support intranet de la coopérative
  • Prix de vente /rentabilité
  • Positionnement commercial
  • Prospection commerciale
  • Vendre du conseil
  • Communication

Elle a en outre suivi des formations spécifiques : gestion du temps et prise de parole.

Pour l’instant, sous CAPE, ses charges s’élèvent aux 10 % de la coopérative.
Elle reste indemnisée par Pôle emploi.

Pour ne pas rester isolée, elle loue un bureau personnel au sein des locaux de la coopérative.

Pour en savoir plus sur l’activité de Marie :
http://version-bureau.com/

Source photo bandeau : Oxalis SCOP, Carrefour des métiers Bigre 2015.

Commentaires
Le jeudi 28 janvier 2016 à 09h53

J’ai rejoint une coopérative d’activités et j’y trouve de nombreux avantages. C’est un soutien important pour bien démarrer son activité. La coopérative apporte un tas d’avantage, relecture des documents, la gestion de la comptabilité, etc.
Actuellement j’essaye de monter un groupe de secrétaires indépendantes au sein de la coopérative. L’objectif est l’entraide et le soutien ; la mutualisation des taches si besoin tout en discutant des problématiques qui sont propres à notre activité.
Véronique Truchet
Sté OFIS

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Le jeudi 28 janvier 2016 à 10h44

Bonjour

J’ai également été séduite par la coopérative. Un seul obstacle...
LE PRIX
Vous parlez peu des charges dans cet article.
Sauf erreur de ma part, une fois toutes les charges additionnées (patronales /salariales/ commissions etc) j’avais calculé que cela représentait environ 70% de mon CA... Est-ce que je me trompe ?

Biozen

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Le jeudi 28 janvier 2016 à 18h53

70 %, il ne faut quand même pas exagérer. Disons 50 %, et encore cela dépend de vos achats et investissements pour votre activité...
Le mieux est de rencontrer la coopérative près de chez vous pour faire une simulation :-)

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Le jeudi 28 janvier 2016 à 11h54

Merci pour cet article complet sur les coopératives, c’est vers ces dernières que je compte me tourner lorsque je me lancerai et cet article me conforte dans mon choix et m’apporte plus de précisions.

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Le jeudi 28 janvier 2016 à 14h46

Sans doute un hasard...

Mais ce matin, je discutais avec une personne qui me conseillais de quitter la couveuse entreprise qui ne me convient absolument pas pour entrer dans une coopérative qui me sera vraiment plus bénéfique...

Et voilà que cet après-midi, lorsque j’ouvre mes mails, je vois cet article.

C’est un signe ;-)

En tout cas, il est très bien. Et ça va me conforter dans ma décision.

Merci Céline.

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Le jeudi 28 janvier 2016 à 18h50

Je suis comme toi, sensible aux signes :-)

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Le vendredi 31 mars 2017 à 10h09

Bonjour,

J’ai découvert Croquefeuille il y a quelques mois, et je parcours les articles et les nombreux conseils avec beaucoup de plaisir et d’intérêt.

Je suis actuellement à la recherche d’un emploi, et cela fait plusieurs années que j’envisage d’être indépendante, et de créer mon propre emploi.

Mon projet est de devenir télésecrétaire à distance, donc surtout en télétravail.

Le statut Auto-Entrepreneur ne me convient pas vraiment, à cause du régime particulier, et je ne veux pas perdre mes droits au chômage, car il me reste presque 1 an et demi. C’est donc l’occasion idéale de me lancer dans l’aventure, sans risques, afin de concrétiser mon projet.

J’ai découvert il y a quelques mois le statut du portage salarial, et je me suis beaucoup renseigné sur le sujet. Pour moi, c’était l’idéal, car j’avais trouvé une alternative au statut AE, le fait de devenir indépendante mais avec tous les avantages du salariat.

Mais en lisant vos articles et diverses expériences sur les couveuses et les coopératives, avec les différents avantages de celles-ci, je viens de me rendre compte que ce qui me conviendrait parfaitement, c’est de rejoindre une coopérative. Le fait d’être accompagnée, conseillée et formée est vraiment un plus, et j’en ai besoin pour que mon projet tienne la route.

En effet, je n’ai pas de diplôme dans le secrétariat ou l’assistance, j’ai une formation littéraire classique, et 10 ans d’expérience dans la Relation Client.

Je ne sais pas par où commencer pour lancer mon activité, et je pense que la coopérative est donc la plus appropriée pour m’aider à créer mon activité.

J’ai besoin de vos conseils et expériences à ce sujet :

- Comment avez-vous choisi votre coopérative parmi les autres ?

- Quels critères doit-on prendre en compte pour le choix d’une coopérative (charges de la coopérative, type d’accompagnement, formations...) ?

- Combien de temps peut-on rester dans une coopérative en CDI, et conserver ainsi les avantages du salariat ?

- Faire partie d’une coopérative n’est-ce pas un frein par rapport à votre clientèle ? Que pensent vos clients de ce système ?

Merci de m’éclairer un peu plus sur le sujet.

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