Les structures d’accompagnement à la création d’entreprise
Publié le mardi 10 décembre 2013 par Celine Lieffroy | 0 commentaires
Classé dans : Se lancer - Couveuse - Coopérative - Accompagnement -

Que ce soit par mail ou via le forum de Gautier Girard, je m’aperçois que les gens ne savent pas forcément vers qui se tourner quand ils décident de créer leur entreprise.

Ils savent ce qu’ils veulent faire. Ils ont même souvent validé sur internet que c’est possible, car d’autres l’ont fait avant eux, mais ne savent pas comment procéder pour y arriver.

Le pire étant quand, avant toute réflexion, ces gens s’inscrivent directement comme auto-entrepreneur avant même d’avoir réfléchi à leur offre, leur cible, leurs tarifs… comme s’il suffisait d’un numéro Siret pour entreprendre !

Pourtant, nous avons la chance d’avoir en France tout un dispositif d’aide et d’accompagnement à la création d’entreprise.

Je n’en parle pas souvent, car je me dis qu’il est très facile de se renseigner sur le net pour trouver un organisme près de chez soi, mais je me rends compte que ce n’est pas un réflexe pour tout le monde.

Je vous propose donc ici quelques pistes pour vous faire aider et accompagner dans vos démarches de création d’entreprise.

Attention néanmoins à relativiser les conseils qui vous sont donnés dans ces réseaux.
Le plus souvent, les consultants qui vous accompagnent ne sont pas eux-mêmes créateurs d’entreprise. Ils sont dans une culture de l’emploi et se focalisent sur les risques. Par ailleurs, ils ne connaissent pas forcément tous les secteurs d’activité.

Je conseille malgré tout de passer par ces réseaux, pour être accompagné, acquérir une méthode, et en même temps vous aguerrir à défendre votre projet.

Pour rappel, 80 % des entrepreneurs qui ont été accompagnés sont toujours en activité 5 ans après.

Le site de l’APCE

L’Agence pour la création d’entreprise (APCE) met à la disposition des porteurs de projet une méthodologie, ainsi que de nombreuses ressources pour créer son entreprise.

L’APCE est un opérateur de l’État qui a vocation de service public pour favoriser l’entreprenariat en France.

Le site est particulièrement complet, aussi bien sur les démarches à entreprendre que sur les aspects juridiques et fiscaux de la création d’entreprise.

Son point fort est de présenter les étapes de la création d’entreprise, de l’idée jusqu’à la vente :
http://www.apce.com/pid216/etapes-de-la-creation.html?espace=1

Son but est également de renvoyer les porteurs de projet vers des organismes locaux d’aide et d’accompagnement :
http://www.apce.com/pid319/qui-peut-vous-aider.html?espace=1

L’APCE présente en outre un espace dédié aux auto-entrepreneurs :
http://www.apce.com/pid56/auto-entrepreneur.html

Si le site est complet et extrêmement bien documenté, il n’est pas forcément toujours facile de s’y retrouver, et l’information reste généraliste.

Le porteur de projet aura donc intérêt à se rapprocher d’un réseau local d’accompagnement.

Le réseau des chambres de commerce et d’industrie (CCI)

Implantées localement, les chambres de commerce et d’industrie peuvent vous aider à créer votre entreprise et vous permettre d’identifier les acteurs locaux d’aide à la création d’entreprise dans votre département.

Toutes les chambres de commerce proposent une réunion d’information de quelques heures sur la création d’entreprise, vous rappelant les principales étapes.

À l’issue de cette réunion, vous sera proposé un stage « 5 jours pour entreprendre »

Ce stage coûte entre 180 et 250 euros et peut être pris en charge dans le cadre de votre DIF.

Il vous permettra de rencontrer des techniciens de la chambre de commerce, mais également un banquier, un expert-comptable et une personne du RSI, ainsi que d’autres porteurs de projets.

Vous y aborderez tous les aspects juridiques, fiscaux et sociaux de la création.

Un stage de la sorte, que ce soit par les CCI, chambre des métiers ou autres, me paraît indispensable à toute personne qui souhaite devenir chef d’entreprise, quand bien même il ne s’agirait que d’une auto-entreprise…

Je trouve cela toujours drôle qu’un entrepreneur ne sache pas la différence entre une entreprise individuelle et une société, ne comprenne pas les mécanismes de la TVA, ne connaisse rien au statut social de travailleur non salarié…

En outre, la rencontre avec des experts et avec d’autres porteurs de projet permet de se poser les bonnes questions avant de se lancer, et ainsi d’estomper les appréhensions que l’on peut avoir face à la création d’entreprise alors qu’on a toujours été salarié.

Dans tous les cas, une visite à la CCI de votre localité s’impose, ne serait-ce que pour identifier plus précisément quels sont les acteurs qui pourront vous accompagner de manière personnalisée sur votre projet.

Le réseau des boutiques de gestion (BGE)

Le réseau des boutiques de gestion accompagne les porteurs de projet, quel que soit leur statut (demandeur d’emploi, salarié, en situation de handicap…) et quelle que soit l’avancée de leur projet.

L’aide apportée par les 1000 conseillers du réseau démarre à l’envie d’entreprendre, notamment pour les personnes sans emploi qui souhaite créer leur entreprise, mais qui ne savent pas exactement dans quel secteur, ou à partir de l’idée, jusqu’à la finalisation du projet, en passant par l’étude du marché, la validation du modèle économique et la recherche de financements si nécessaire.

Le réseau continue d’accompagner les créateurs pendant trois ans après l’immatriculation au moyen de bilans réguliers sur leur activité.

L’idée est aussi de mettre en réseau ces nouveaux chefs d’entreprise afin qu’ils puissent travailler éventuellement ensemble au moyen de partenariats.

Il faut quand même voir que la BGE accueille environ 90 000 porteurs de projet tous les ans, mais que seuls 17 000 d’entre eux créent effectivement leur entreprise.

La méthodologie est pourtant bien rodée depuis la création de cette méthodologie « inventée » par les boutiques de gestion dans les années 80, reprise depuis par l’APCE. Celle-ci part toujours de l’adéquation homme-projet pour arriver à l’établissement des tableaux prévisionnels (autrement appelés « plan sur la comète »)...

Alors, ce n’est pas parce que je ne crois pas dans le bien fondé de cette méthode, notamment pour la partie étude du marché que je ne conseille pas l’accompagnement de la BGE. Au contraire…

Je pense qu’il est important pour le futur entrepreneur de passer pas ce rouleau compresseur pour se convaincre d’abord lui-même de la viabilité de son projet et surtout pour s’aguerrir à en prouver la pertinence (ce qui sera encore indispensable face aux clients).

L’avantage est de ne manquer aucune étape, de se poser les bonnes questions, de rencontrer d’autres porteurs de projet pour un éventuel travail en réseau, d’avoir le regard extérieur d’un professionnel sur son projet (et quand bien même ce professionnel ne serait pas lui-même créateur d’entreprise).

Car en effet, les chargés de mission ne sont pas eux-mêmes des entrepreneurs, ils ne connaissent d’ailleurs pas toujours bien notre secteur d’activité qu’est le télésecrétariat, ce qui peut parfois poser problème.

Centrés sur la problématique de l’emploi et du zéro risque, ils ont souvent tendance à décourager les gens qui veulent devenir secrétaire indépendante, car ils ne comprennent pas ce marché et y voient une forte concurrence.

Or, la concurrence est justement là pour montrer qu’il y a une forte demande et qu’il est justement nécessaire d’acquérir les bonnes méthodes pour monter son projet.

Dans ce cas, un accompagnement par un réseau de télésecrétaires peut être utile pour compléter l’offre de la BGE.

Le réseau des couveuses d’entreprises

À l’issue de la formation par une boutique de gestion, il peut être proposé au porteur de projet d’intégrer une couveuse pour tester son projet.

Il est parfois possible d’intégrer ce dispositif sans passer par l’accompagnement BGE.

Au sein de la couveuse, l’entrepreneur à l’essai bénéficie d’un accompagnement personnalisé et de formations collectives pour apprendre le métier de chef d’entreprise.

Il a également la possibilité de tisser son réseau professionnel avec les autres entrepreneurs couvés.

Le principe est de tester son activité grandeur nature en prospectant ses propres clients, en réalisant des prestations, sauf que c’est la couveuse qui facture.

Ce type d’accompagnement permet de valider son projet en le confrontant à la réalité du marché.

L’entrepreneur est lié à la couveuse par un CAPE, un contrat d’accompagnement, qui lui permet de maintenir ses droits, par exemple en tant que demandeur d’emploi.

Intégrer une coopérative d’activité

Comme la couveuse, la coopérative d’activités permet de tester son projet grandeur nature sans avoir besoin de s’immatriculer.

En revanche, il ne s’agit plus d’une association, mais bien d’une entreprise, sous une forme SCOP, c’est-à-dire une coopérative ouvrière de production qui appartient à ses salariés.

L’esprit en est tout autre.

En outre, comme les sociétés de portage, il s’agit d’une véritable alternative à la création d’entreprise.

En effet, contrairement à la couveuse dont le principe, après une période de test, est de sortir pour créer son entreprise et s’immatriculer, la coopérative offre la possibilité de rester au sein de la structure pour en devenir entrepreneur-associé.

Pour ma part, j’ai ainsi exercé plus de trois ans au sein de ma coopérative, Coopaname, avant de la quitter pour changer de région.

Au début, le principe ressemble fort à celui de la couveuse :

On intègre la coopérative après une réunion d’information et avoir validé que notre activité pouvait être assurée par une assurance responsabilité professionnelle (obligatoire).

L’entrepreneur signe alors un contrat d’accompagnement avec la coop, avant de signer avec elle un CDI dès qu’il réalise du chiffre d’affaires.

Il peut ainsi être rémunéré, ce qui est plus difficile au sein d’une couveuse (paiement à la sortie du dispositif).

En intégrant une coopérative, vous exercez en société, donc vous pouvez déduire vos frais, et donc sous-traiter plus facilement.

La différence, c’est que vous n’êtes pas seul.

Vous travaillez en réseau avec les autres entrepreneurs salariés si vous le souhaitez, vous bénéficiez également de formations et d’un accompagnement personnalisé avec un chargé de mission, comme au sein d’une couveuse.

Au sein de ma coopérative, il existait également des collectifs métiers (secrétariat, graphisme, photo, conseil…) qui permettaient de favoriser l’intégration et le partage d’expérience.

L’entrepreneur peut quitter la coopérative quand il le souhaite pour créer sa propre entreprise, mais s’il reste, il a vocation à en devenir associé, comme je l’ai fait au sein de Coopaname.

Pour moi, c’est vraiment la formule idéale quand on souhaite créer son activité, mais qu’on n’a pas forcément vocation à être chef d’entreprise, ce qui était mon cas.

Ce n’est en effet pas parce que je ne supporte pas d’avoir un patron que je veux en devenir un ;-)

Crédits photo : Rob Jamieson

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