Travailler à domicile : concilier vie personnelle et vie professionnelle
Publié le mercredi 30 mars 2016 par Celine Lieffroy, Jessica Michot | 0 commentaires
Classé dans : Organisation - Travailler à domicile - Espace de travail - Vie familiale -

L’une des principales motivations du travail à domicile est de mieux concilier vie personnelle et vie professionnelle. Voici les témoignages de 5 télésecrétaires.

Jessica Michot : « Toute la famille est briefée »

Spécialisée en retranscription audio, Jessica a créé Toul Service en 2010.
Elle travaille principalement à distance, depuis son domicile.

Installée dans le petit village de Boucq à 15 km de Toul, elle vit avec son mari et leurs trois enfants dans une grande maison avec jardin.

Le bureau a été un des critères de choix de la maison.

« C’est une pièce de 12 m² avec deux grandes fenêtres située à l’arrière de la maison, à distance respectable des pièces à vivre pour avoir du calme, et avec un accès direct par l’extérieur. »

Il peut lui arriver de recevoir des clients à son bureau, ce qui reste rare.

« La configuration de ma maison me le permet facilement, mais les clients ou prospects ne viennent pas me rendre visite à n’importe quelle heure. »

Théoriquement, Jessica a fixé ses horaires de 9 à 17 heures, du lundi au vendredi, avec une pause méridienne de 30 à 60 minutes, selon sa charge de travail. Dans la réalité, les choses en sont autrement.

« Pour compléter ma précédente réponse, je commence régulièrement ma journée à 5 heures, voire plus tôt occasionnellement lors de périodes très surchargées. Je travaille maintenant de façon quasi systématique le samedi matin. Enfin, il peut également m’arriver de travailler le soir et/ou le dimanche, si le planning est chargé. »

Elle dispose d’une ligne téléphonique fixe, en plus de son portable. Ce n’est pas une ligne dédiée à son activité.

« Toute la famille est briefée à ce sujet. Mon mari et mes enfants apprennent à répondre en disant : "Toul Service, bonjour" avec le sourire. »

En revanche, elle avoue y répondre n’importe quand, même en dehors de ses horaires de travail.

Ses enfants sont tous scolarisés et mangent à la cantine. Pendant les vacances, ils vont au centre aéré.

« La grande est autonome. J’accompagne simplement le petit à l’arrêt de bus à 8 h 30, ce qui me prend environ 5 minutes. Mon mari prend le relais pour la sortie du soir, puisqu’il travaille de nuit. La dernière va chez la nourrice toute la semaine, sauf le mercredi.  »

Les vacances sont posées en fonction des contraintes familiales, notamment les disponibilités du centre aéré, de la nourrice et des congés de son mari.
Elle prend généralement de vraies vacances en fin d’année (une semaine) et en été (deux semaines).

Comme évoqué dans un précédent article, Jessica travaille en binôme.

« J’essaye de prévenir mes clients au plus tôt de mon absence. Si leurs besoins sont réguliers, notamment pour la gestion administrative, ou si les prestations ne peuvent être programmées à d’autres moments, Caroline prend le relais. »

Elle mélange activités professionnelles et personnelles dans sa journée.

« Ma pause du midi me permet de prendre de l’avance sur la soirée avec les enfants : mise en route de machine, aspirateur… Si j’ai des rendez-vous médicaux à prendre, j’essaye bien entendu de les combiner avec mon planning de travail, mais je m’autorise à les prendre en journée. »

De ce point de vue, elle reconnaît que le travail à domicile lui simplifie les choses.

« Avec trois enfants, une activité salariée serait beaucoup plus compliquée à gérer. »

La limite, pour Jessica, serait plutôt de se contraindre à arrêter de travailler le soir et le week-end, notamment quand le planning n’est pas surchargé.

Elle ajoute :

« Pour ma part, travailler à domicile ne veut pas dire être mère au foyer et avoir une activité professionnelle, comme une "occupation" qu’on se créerait pour les heures où les enfants dorment. Ce n’est franchement pas possible, du moins si on veut faire son travail efficacement et développer son activité. Il faut donc pouvoir s’aménager un endroit au calme pour pouvoir se concentrer, et ne pas être dérangé toutes les 5 minutes par la vie de la maison. Par exemple, s’il m’arrive de garder mes enfants à la maison pour une raison ou une autre, notamment le mercredi, je m’arrange pour réaliser des tâches qui demandent "moins" de concentration et qui sont compatibles avec le bruit ambiant. »

Isabelle Chalumeau : « J’aime travailler la nuit »

Isabelle a créé Zaz-Écritoire en janvier 2004 et propose des prestations d’écrivain public et de secrétariat.
Ses spécialités sont l’écriture de romans de la vie (biographies de particuliers) et le secrétariat médical.

Isabelle travaille majoritairement à distance, depuis son domicile.
Elle vit en couple, dans une maison avec jardin, située dans la périphérie de Nancy. Son fils est déjà grand et a quitté la maison depuis longtemps.

Passionnée par l’écriture, elle disposait déjà d’un bureau à la maison, une pièce d’environ 15 m² aménagée d’un grand bureau avec retour, d’une bibliothèque et d’un espace pour les archives.

Au niveau des horaires, Isabelle est plutôt décalée. Elle travaille aussi bien le soir que le week-end.

« J’ai un rythme un peu particulier, car j’aime travailler la nuit. Souvent, je me réveille vers 1 heure du matin pour me remettre au travail pendant deux ou trois heures avant de retourner me coucher jusqu’au matin. Je me lève en général entre 7 et 8 heures. »

Elle n’a pas de règle stricte quant à la gestion du téléphone (son portable personnel).

« À partir de 19 heures, mon téléphone est sur vibreur. Sauf appels urgents, si j’ai des appels professionnels, je laisse le client déposer un message. Il arrive que je rappelle… »

Isabelle mélange volontiers tâches personnelles et professionnelles dans sa journée.

« C’est un avantage – et non des moindres – du travail à distance. Sauf commande urgente, je peux prendre le temps d’aller au cinéma dans l’après-midi, aller à des rendez-vous médicaux, etc. Cela implique, bien sûr, que je travaille le soir. »

Depuis environ 5 ans, c’est-à-dire depuis que son activité tourne bien, Isabelle s’accorde plusieurs semaines de vacances : deux semaines au printemps, deux semaines en été, deux semaines en automne et une à deux semaines pour les fêtes de fin d’année.

Pendant ce temps, ses clients…

« …attendent mon retour ! Certains embauchent une intérimaire, d’autres me gardent le boulot au chaud.
Mais avant de pouvoir vivre confortablement de mon activité, j’ai souvent travaillé en vacances. J’emmenais du travail avec moi, ou j’en récupérais sur mon lieu de vacances par internet.
 »

En revanche, Isabelle s’est fixé comme règle de ne pas recevoir de clients à son domicile.

« Je n’y ai jamais dérogé. J’ai pris une adresse professionnelle, une boîte aux lettres dans une pépinière d’entreprises, afin de préserver mon adresse personnelle. »

Elle espère pouvoir continuer à travailler à domicile, même si elle n’exclut pas de se rendre sur site de temps de temps, comme elle le fait actuellement pour l’un de ses clients.

« L’ambiance de bureau ne me tente plus. J’aime être chez moi, me lever quand je veux, me coucher quand je veux, rester en pyjama si ça me chante, en jogging et en charentaises, ne plus avoir à prendre la voiture ou les transports en commun… bref, travailler à mon rythme, même si cela implique, au final, de travailler plus. »

Elle reconnaît néanmoins que sa vie personnelle est rythmée par son activité, et non l’inverse.

« Nous partons en vacances quand ça m’arrange au niveau boulot. Nous invitons des amis à dîner en fonction de ma charge de travail, etc. »

Conséquence de cela :

« Il faut absolument que l’entourage familial proche soit d’accord avec le projet et respecte les horaires de travail.
Les proches ont parfois tendance à faire irruption dans le bureau n’importe quand pour demander n’importe quoi. Il faut absolument qu’ils comprennent que vous travaillez.
 »

Peggy François : « Je me lève à 5 heures pour être prête à 9 heures »

Spécialisée dans le secrétariat administratif et technique (BTP), ainsi que la transcription audio, Peggy a créé Opaline Secrétariat en 2008.

Installée à la campagne à 15 km de Montereau-Fault-Yonne et 30 km de Sens, elle vit avec sa famille (son mari et leurs 5 enfants) dans une grande maison de 170 m² au sein de laquelle une chambre d’amis lui sert de bureau.

Elle dispose d’un grand bureau, d’une armoire et d’un caisson pour ranger ses fournitures et documents. Elle peut éventuellement y recevoir ses clients.

Ses horaires sont fonction de son organisation familiale. Officiellement, Peggy travaille de 9 heures à midi, puis de 13 h 30 à 18 heures.

« J’ai des coupures pour les allers-retours à l’école, et je suis parfois obligée de travailler en dehors des horaires. »

Il lui arrive aussi de travailler occasionnellement le week-end, « mais pas par obligation ».

Ses enfants sont scolarisés. Elle assure les allers-retours à l’école et accompagne sa fille qui fait de la gym à haut niveau trois fois par semaine.

« Pendant les vacances, ils sont tous présents, sauf le grand qui travaille, mais la porte de mon bureau est fermée. Ils savent qu’il ne faut pas me déranger, sauf cas très importants. »

Elle prend 4 semaines de vraies vacances chaque année : une semaine pendant les fêtes de fin d’année et trois semaines en été.

Elle recherche d’ailleurs une partenaire pour pallier ses absences auprès de ses clients.

Peggy limite au maximum l’imbrication des tâches personnelles et professionnelles.

« Tout est organisé. Je me lève à 5 heures pour tout faire avant et être prête à 9 heures. Mes courses sont faites tous les mercredis midi de 12 h 30 à 13 h 30. J’ai un tableau où certaines tâches ménagères sont partagées avec toute la famille.
Par contre, si un réparateur doit venir, il vient à n’importe quelle heure, et je prends mes rendez-vous chez le médecin n’importe quand. Après, je rattrape mes horaires, si besoin
. »

Angélique Auer : « Il s’agit d’un vrai luxe »

Angélique a créé Ried Secrétariat en août 2014, et propose des prestations de secrétariat administratif et commercial, ainsi que de la prospection téléphonique.

« C’est un défi au quotidien pour moi. Lorsque j’arrive à décrocher un rendez-vous avec un prospect pour un client, c’est une partie du défi qui est relevée. »

Elle travaille pour l’instant exclusivement à distance, même si elle ne serait pas contre « travailler sur site un à deux jours par semaine », si l’opportunité se présentait.

Installée à la campagne, dans un village de 700 habitants près de la frontière allemande (40 km de Strasbourg), elle vit actuellement chez sa belle-mère avec son conjoint et sa fille (12 mois) en attendant d’aménager dans leur maison.

« J’ai la chance d’avoir un grand bureau dans lequel je peux travailler tranquillement, mais qui fait également office de débarras. Dans notre future maison, j’aurai un bureau encore plus grand uniquement dédié à mon activité. Je réfléchis déjà à la décoration. »

Pour l’instant, elle ne reçoit pas de clients à son domicile. C’est prévu après le déménagement, puisque son bureau donnera directement sur l’entrée de la maison.

Angélique n’a pas de ligne téléphonique dédiée à son activité. Elle se sert de son téléphone portable auquel elle répond tous les jours, sauf la nuit.

Ses horaires sont calqués sur ceux de la crèche :

De 13 h 30 à 17 h 30, le lundi
De 13 h 30 à 17 h 30, le mercredi
De 9 h à 13 h, le vendredi

« Je travaille également le matin pendant que ma belle-mère s’occupe de ma fille. Il est aussi prévu qu’elle aille à la crèche plus souvent. »

Elle peut aussi travailler le soir ou le week-end.

Pour l’instant, elle n’a pas encore pris de vraies vacances, sinon quelques week-ends.

Sa fille va à la crèche. Pendant les périodes de fermetures (trois semaines l’été), Angélique s’arrange avec la famille pour la faire garder.

« J’essaie de m’organiser au mieux pour travailler le plus possible quand ma fille est à la crèche. Les courses, la cuisine, le ménage, les lessives, le repassage, etc., je les fais quand ma fille est à la maison. »

Pour elle, la principale difficulté du travail à domicile est de bien séparer vie privée et vie professionnelle, d’où l’importance de disposer d’une pièce dédiée à son activité.

Elle pense aussi qu’il faut être organisé.

« Il faut être très bien organisée et essayer de suivre un planning préparé à l’avance, sinon on peut très vite être dépassée, tant au niveau professionnel que personnel.
Organisation et rigueur sont, à mon sens, les maîtres mots pour pouvoir travailler à domicile. Il ne faut pas se laisser distraire par des "éléments extérieurs"
. »

Elle ajoute :

« Je pense que le travail à domicile n’est pas fait pour tout le monde. Il faut pouvoir se concentrer et être rigoureux.
En ce qui me concerne, je suis beaucoup plus épanouie depuis que je suis secrétaire indépendante et que je travaille depuis mon domicile. Pour moi, il s’agit d’un vrai luxe
. »

Magali Mihalcea : « Je me fixe une heure à laquelle je dois commencer »

Assistante commerciale, Magali a créé Solution Secrétariat fin 2012.

« Ma fille étant handicapée, j’avais de plus en plus de mal à m’organiser pour la conduire chez l’orthophoniste, la psychomotricienne ou les divers médecins spécialistes qui la suivent. »

Aujourd’hui, elle travaille à la fois sur site, chez ses clients (2,5 jours/semaine), et à distance, depuis son domicile (2 jours/semaine).

Installée à la campagne, entre Montauban (25 km) et Toulouse (30 km), elle est mariée avec deux enfants.

La famille est installée dans une maison, où elle ne dispose pas d’une pièce dédiée à son activité, d’où l’intérêt pour elle de travailler chez ses clients (tous situés à moins de 30 minutes de chez elle).

« Quand je dois travailler à domicile, je peux m’installer sur la table de la salle à manger avec mon ordinateur portable. »

Elle ne dispose pas non plus de ligne professionnelle dédiée, et travaille avec son téléphone portable personnel.

« Je réponds toujours quand ce sont mes clients, car je sais qu’ils n’abusent pas. S’ils appellent, c’est qu’ils ont vraiment besoin de moi. Ils savent qu’ils peuvent compter sur moi. »

Magali travaille 25 heures par semaine.

« J’ai des horaires fixes quand je me rends sur site. Pour le reste, c’est assez souple. Tout dépend de la charge de travail. Il se peut aussi que mes clients soient en déplacement ou en congés, ou bien que moi même j’aie besoin d’une journée ou d’une demi-journée pour un rendez-vous ou un enfant malade. »

Elle peut travailler aussi occasionnellement le week-end, voire tôt le matin, mais pas le soir.

« D’abord, parce que je veux être disponible pour ma famille. Ensuite, parce que je suis beaucoup plus performante le matin. »

Ses enfants sont scolarisés. Magali a calé ses horaires en fonction d’eux. Les trajets de sa fille, du fait de son handicap, sont pris en charge par le conseil général (en taxi), et elle s’occupe d’aller chercher son fils à l’école à 16 h 30. Elle se charge aussi de les accompagner pour leurs activités extrascolaires.

Pendant les vacances, ils peuvent être pris en charge par leurs grands-parents.

« Leur papa essaie de travailler plus à la maison, et je réaménage parfois mon emploi du temps, si besoin, et si ça ne dérange pas mes clients. »

En revanche, elle essaie de respecter aux mieux ses temps de travail à la maison.

« Quand je travaille de la maison, je me fixe une heure à laquelle je dois commencer. Je fais le ménage, machines, etc., avant. Quand l’heure arrive, je me mets au travail et ne pense plus à mes tâches perso. Tant pis si tout n’est pas parfait ! »

Elle prend 5 semaines de congés dans l’année en accord avec ses clients, généralement pendant les fêtes de fin d’année et au mois d’août.

« Mes clients se débrouillent sans moi quand je ne suis pas là. Ils étaient seuls avant que je ne travaille pour eux et connaissent le boulot. Je tiens à préciser que mes clients sont vraiment formidables. Certains sont devenus des amis. »

Pour elle, la limite du travail à domicile est « le fait d’être seule ».

« Même si c’est un atout, car on travaille mieux sans être dérangé, mais je ne pourrais pas ne travailler qu’à domicile. J’ai besoin d’échanges. C’est pourquoi j’apprécie de travailler sur site et à domicile. »

Elle ajoute :

« Je suis très heureuse de m’être lancée. Je suis indépendante, je gagne bien ma vie, j’ai du temps pour moi, pour ma famille et même pour du bénévolat. »

Crédit photos bannière : Romain

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