Fonctionnaire, vous pouvez aussi devenir secrétaire indépendante
Publié le mardi 12 janvier 2021 par Celine Lieffroy | 0 commentaires
Classé dans : Se lancer - Témoignages - Fonction publique -

Vous êtes fonctionnaire et vous aimeriez pouvoir créer devenir secrétaire indépendante comme micro-entrepreneur.

À temps plein, vous ne pouvez pas cumuler vos missions de service public avec une activité commerciale ou artisanale.

Pour créer une micro-entreprise entant que fonctionnaire, il vous faudra :

passer à temps partiel, obtenir l’accord de votre hiérarchie, et votre demande sera examinée par une commission de déontologie.
Le cumul est alors possible pendant une période de 2 ans, renouvelable 1 an.

demander une disponibilité, c’est-à-dire cesser temporairement vos fonctions pour créer une entreprise.
La demande doit là encore passer par l’autorité hiérarchique et la saisine de la commission de déontologie.

quitter définitivement la fonction publique
Les fonctionnaires d’État peuvent prétendre à une indemnisation. C’est le cas également (le plus souvent) pour la fonction publique territoriale, encore que cela dépende des collectivités.

Pour en savoir plus :
BPI France Création
Service-public.fr


Je vous propose 4 témoignages de fonctionnaires ou ex-fonctionnaires qui ont passé le pas et se sont lancées comme assistantes indépendantes.


Karine a travaillé 19 ans dans la fonction publique hospitalière

Installée à Châlons-en-Champagne, dans la Marne, elle a créé Dactyl’K, en 2009, d’abord en parallèle de son poste de secrétaire médicale.

C’est en 2011 qu’elle a pris sa retraite de son poste de fonctionnaire pour se consacrer à 100% à son activité de secrétaire indépendante.

Comme secrétaire médicale dans la fonction hospitalière, elle avait principalement travaillé dans deux services : radiologie et psychiatrie.

« Pour le premier, je faisais de l’accueil physique et téléphonique, ainsi que de la retranscription audio. Pour le second, je faisais plus de retranscriptions. »

En tant que secrétaire indépendante, Karine « adore faire de tout », même si elle reste spécialisée en retranscription audio.

« Je fais autant de médical que d’administratif (retranscription d’expertises médicales, d’entretiens universitaires, de réunions). Je gère également l’administratif d’un groupement de taxis, et je fais des remplacements sur site 2 à 3 mois dans l’année, où mon travail relève surtout de l’accueil physique et téléphonique. »

Elle avait découvert ce métier en mars 2018, en « surfant sur Internet », alors qu’elle était « dans une période de ras-le-bol ».
C’est à ce moment-là qu’elle a rejoint le forum des secrétaires indépendantes.

En septembre, elle lance une étude de marché pour valider son idée.

En mars 2009, elle fait sa demande de temps partiel pour création d’entreprise, ce qui était une première au sein de son établissement.

Obtenu pour un an, il a été renouvelé une fois.

En parallèle, elle continue de travailler sur son projet, crée ses moyens de communication (cartes de visites, flyers, site internet), pour finir par se lancer officiellement sous le statut micro-entrepreneur en octobre 2009.

Elle restera secrétaire médicale hospitalière à 50%, jusqu’en octobre 2011.

Malgré tout, le fait de passer à mi-temps représente une perte financière notable en attendant de pouvoir se dégager un revenu de son activité freelance.

Cela impose également de faire des choix.

« Ce qui me gênait était le fait de travailler à 50% sur deux activités. Je ne pouvais accepter certaines missions, comme la permanence téléphonique qui demande une présence toute la journée, d’où mon orientation sur la retranscription. »

Pour se lancer, son ex-mari qu’elle avait aidé 6 ans auparavant à créer sa propre entreprise, « a été un levier ».

« Toutefois, il y voyait un avantage : le fait que je sois à la maison avec les enfants. Aussi ne comprenait-il pas que le repas ne soit pas toujours prêt, le soir, quand il rentrait de son travail ! »

Quant à ses parents, ils ont eu du mal à accepter l’idée qu’elle quitte la fonction publique qui lui assurait un revenu stable en fin de mois. Pour autant, « ils n’ont pas été un frein ».

Le chemin n’a pas toujours été simple, et Karine a connu des périodes plus compliquées que d’autres. Au moment de son divorce, par exemple.

« Je ne me voyais pas continuer à m’occuper financièrement de mes enfants avec ma demi-pension de retraite et mes revenus de secrétaire indépendante. J’ai cherché un poste à 50%, ce qui m’aurait permis de continuer mon activité et d’avoir un salaire régulier. »

Elle a accepté divers remplacements comme salariée, avant d’arrêter, car l’organisation familiale devenait trop compliquée.

Reste qu’elle apprécie de faire des missions sur site de temps en temps pour compléter ses revenus qui restent irréguliers, particulièrement dans le cadre d’aléas conjoncturels tels que la crise sanitaire actuelle liée à la Covid-19.

« Ce mois-ci, j’ai dû faire 800 euros, mais le prochain mois, j’ai prévu de facturer presque 2.500 euros. »

Cela ne l’empêche pas de se dire parfaitement heureuse dans l’exercice de son métier de secrétaire indépendante.

« Quand j’ai commencé, l’idéal pour moi était de faire un peu de tout, depuis mon bureau, mais aussi sur site, du médical, mais aussi de l’administratif. C’est ce que je fais depuis maintenant trois ans. »

Valérie est fonctionnaire d’État en disponibilité

Installée à Orléans dans le Loiret, elle a créé Plume Express sous le statut micro-entrepreneur, en 2016.

Valérie propose des prestations de secrétariat juridique aux professionnel.les du droit, notamment avocat.es.

En tant que fonctionnaire, elle a exercé pendant 15 ans les fonctions de greffière  : assistance des magistrat.es, tenue des audiences, accueil du public, frappe des décisions et des courriers.

C’est en 2015 qu’elle a demandé l’autorisation de créer son entreprise en passant à mi-temps.

« J’ai dû demander à ma hiérarchie une autorisation. J’ai rempli un dossier qui a été étudié au niveau du ministère de la Justice. »

En 2018, elle demande cette fois une mise en disponibilité.

« J’avais d’abord fait ma demande pour création d’entreprise, mais la disponibilité m’ayant été accordée pour raison personnelle, j’ai dû refaire mon dossier. »

Sa mise en disponibilité a été renouvelée en 2020.

Son conseil aux fonctionnaires qui souhaitent se lancer :

« Ne vous laissez pas dégouter par vos supérieur.es hiérarchiques et faites les recherches pour préparer vos dossiers vous-mêmes. Tenez bon !  »

Aujourd’hui, Valérie est «  pleinement satisfaite et heureuse d’être indépendante  ».

Elle n’envisage pas de réintégrer un jour la fonction publique.

« Exercer en auto-entreprise est une belle expérience à vivre. Il faut être carrée dans l’exercice de son travail et bien séparer la vie privée et la vie professionnelle. Une bonne organisation est indispensable. »

Tatiana a été professeure des écoles pendant 14 ans

Installée en Vendée, aux Sables-d’Olonne, Tatiana est secrétaire indépendante depuis 2013.

Elle est spécialisée dans l’accueil téléphonique « haut de gamme » et travaille avec une dizaine de client.es du secteur médical.

Elle a travaillé à l’Éducation Nationale de 1998 à 2012, en tant que professeure des écoles.

« J’avais envie de changer. Mon métier m’avait “bouffé” un peu trop de mon énergie et de mon enthousiasme, et je ne voulais pas continuer à le faire en n’étant plus 100% à fond. »

À partir de l’exemple de sa meilleure amie, secrétaire médicale dans l’armée, qui aimait « brasser de la paperasse », Tatiana décide de changer de voie et de se former.

« J’ai choisi de démissionner de la fonction publique plutôt que de garder une sécurité en me mettant en dispo. Je voulais être sûre de me donner tous les moyens pour réussir une nouvelle vie et ne pas devoir revenir en arrière. »

Elle a commencé par faire un mi-temps annualisé (6 mois travaillés, payés sur 12) avant de démissionner. Elle a bénéficié de l’indemnité de départ volontaire.

Il faut préciser que son mari démissionnait lui aussi de l’Éducation nationale à la même époque, et que le couple avait deux enfants de moins de 10 ans.
Leurs parents n’étaient pas hyper enthousiastes à cette idée. Reste qu’ils les « ont soutenu.es de toute façon ».
Quant à leurs ex-collègues, illes « nous ont tous trouvé.es complètement dingues, mais ça n’a eu aucune incidence » sur leur décision.

Dès la fin de son mi-temps, Tatiana décide de s’inscrire à Pôle emploi pour suivre des formations (Word-Excel), prises en charge pour les demandeur.es d’emploi, même s’illes ne sont pas indemnisé.es.

Elle s’est par ailleurs formée comme secrétaire médicale via le Cned.

C’est après avoir fait des stages en cabinet de radiologie qu’elle s’est rendu compte qu’après avoir été quasi « sans chef.fe » toute sa vie active, ça n’allait pas être possible pour elle de travailler sous les directives d’« un.e boss ».

« J’ai donc cherché comme faire ce métier autrement. J’ai découvert le forum des secrétaires indépendantes, et du coup la variété de métiers possibles en indépendance dans le secrétariat ! »

En 2013, elle se lance en micro-entreprise.
Au bout de 6 mois, son activité lui permet de générer l’équivalent d’un SMIC.

« Grâce au forum, j’ai eu pas mal d’infos sur quoi faire et dans quel ordre. J’ai suivi les conseils des personnes installées avant moi, et de ma super marraine de forum. Cela s’est très bien passé. »

Aujourd’hui, Tatiana vit très bien de son activité.
Malgré la demande, elle reste à la micro-entreprise pour sa simplicité et préfère limiter son temps de travail pour s’investir dans des projets personnels, comme l’écriture de son blog dédié à l’organisation familiale, Panda Productif.

Elle forme également des personnes qui veulent se lancer dans cette spécialité.

Ce qu’on peut lui souhaiter :

« Que ma collaboratrice puisse continuer à bosser avec moi encore longtemps, car c’est quasi mon double. J’ai une confiance totale en elle et en ses capacités à me seconder. »

Tatiana se dit « Hyper heureuse ! »

« Mon métier est extra. Au fur et à mesure, j’ai pu choisir mes client.es et ne garder que les plus sympas avec qui il est très agréable de travailler. J’adore mon métier que je compare souvent à un jeu de Tetris. Je chouchoute mes client.es et leurs patient.es. Nous avons une super relation. Même si on ne se rencontre que très peu, j’échange quotidiennement avec eux. »

Son conseil pour celles et ceux qui veulent se lancer :

« Je dirais Go ! Mais en étant bien conscient.e qu’il faut plusieurs cordes à son arc pour se lancer dans l’indépendance, que maitriser son futur métier n’est pas suffisant. Le plus difficile est de réussir à se vendre et à trouver des client.es. Donc, si la prospection parait insurmontable, l’indépendance n’est peut-être pas pour vous… »

Son regret est d’avoir demandé l’Acre :

« Cela m’a permis d’avoir des cotisations plus basses pendant un certain nombre de trimestres, mais je ne savais pas que cela se reporterait sur mes droits à la retraite ! Si je l’avais su, j’aurais préféré ne pas en bénéficier pour cotiser au max dès le début, car j’ai vite gagné ma vie. »

Cécile fonctionnaire hospitalière en disponibilité pour suivi de conjoint depuis 8 ans

Installée dans le Calvados, elle a créé @dmistance en janvier 2020, sous le statut micro-entrepreneur, et propose des prestations de gestion en ressources humaines, ainsi que de l’assistance administrative et de l’aide en communication et organisation.

Cécile a exercé au sein de la direction RH d’un centre hospitalier en région parisienne pendant 5 ans, avant de déménager dans le Calvados.

« J’avais espoir de retrouver un poste dans la fonction publique, hospitalière ou territoriale, mais ça n’a pas été le cas. »

Cela fait 8 ans qu’elle est donc en disponibilité.

Dans sa nouvelle région, elle a travaillé 5 ans dans un EHPAD privé en tant que secrétaire de direction, puis s’est retrouvée au chômage.

Des soucis de santé ne lui permettaient pas d’exercer à temps plein en présentiel.
C’est pour cela, encouragé par son mari, « dont le soutien est sans faille », qu’elle a songé à exercer depuis son domicile et à se lancer comme assistante indépendante.

Pour assurer ses arrières, le temps du lancement, elle a trouvé un CDI à temps partiel dans une menuiserie, où elle exerce encore.

« Aujourd’hui, l’objectif n’est pas de retrouver la fonction publique, mais… On ne connait jamais l’avenir ni de quoi demain sera fait. »

Elle ajoute :

« Il est difficile de renoncer à la sécurité de l’emploi que nous offre le statut de fonctionnaire. C’est ce que j’ai ressenti lorsque j’ai fait ma demande de mise en disponibilité. L’inconnu est assez effrayant. »

Pour Cécile, il est encore un peu tôt pour se dire « complètement heureuse », mais elle se sent « fière d’avoir franchi le cap et du chemin parcouru ».

Elle espère pouvoir se consacrer bientôt à 100% à son activité et adapter l’ensemble de ses missions en travail à distance.

« Si des fonctionnaires ressentent l’envie de se challenger en devenant freelances, il faut le faire !
Ce n’est pas une route facile ni linéaire, mais il ne faut jamais rien regretter.
En tant que fonctionnaires, illes peuvent toujours conserver une soupape, au cas où, par le biais des disponibilités.
 »


Vous pouvez compléter cet article en commentaire, par vos témoignages, si vous aussi vous êtes ou avez été fonctionnaire et que vous souhaitez vous lancer ou que vous êtes lancée comme assistante ou secrétaire freelance...


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