Le métier de correcteur - correctrice (témoignages)
Publié le vendredi 28 août 2015 par Celine Lieffroy | 0 commentaires
Classé dans : Témoignages - Écrivain public - Appels d’offres - Correction -

Florence Meunier est correctrice à Rennes (35)

Elle a créé E-correction en 2007, dont l’activité est principalement tournée vers la correction (95 %).

« La correction consiste à relire et donc corriger des textes avant leur publication pour présenter des textes sans erreurs aux lecteurs. L’orthographe, la grammaire, la syntaxe, la ponctuation, la typographie sont contrôlées. Je relis et corrige tous documents destinés à être lus : livres, guides, magazines, plaquettes, journaux, dépliants, catalogues… De plus en plus, les corrections demandent une réécriture totale ou partielle. »

Florence intervient à distance, depuis son domicile. Elle reçoit les textes par mail et les renvoie de la même manière.

« Dernièrement, j’ai travaillé pour une maison d’édition sur une encyclopédie destinée aux enfants. Il s’agissait d’une réédition et j’ai dû non seulement relire pour supprimer les erreurs, mais également vérifier les informations qui avaient changé. »

Ses clients sont principalement des maisons d’éditions, des magazines ou des agences de communication.

Florence a pour formation initiale la bureautique. Elle a travaillé dans les transports et les chantiers de construction à la gestion des plannings avant d’entamer un changement radical de carrière en suivant une formation au métier de correcteur.

D’après elle, les qualités indispensables pour devenir correctrice sont :

« Être très bonne en orthographe ! Avoir une bonne culture générale, être organisée, méthodique, critique, et douter pour toujours vérifier ! »

Les principales difficultés sont :

« Oublier une erreur ! C’est ma hantise, les délais étant parfois si serrés ! Trouver des clients ! »

Il lui est arrivé de rencontrer des consœurs au début de son activité.

« Malheureusement, il n’y a pas eu de suite. J’ai ressenti une sorte de méfiance, la peur de trop en dire et de perdre des clients. C’est légitime et normal, car il est difficile de trouver puis de fidéliser un client et dans un marché très concurrentiel, chacun regarde devant sa porte… »

En ce qui concerne la concurrence, elle la qualifie d’« importante » et « féroce », notamment en ce qui concerne les prix.

« Beaucoup pensent être correcteurs parce qu’ils relisent les lettres ou les documents de leurs amis et qu’on leur dit qu’ils sont bons en orthographe. C’est sûrement vrai, mais ça ne suffit pas. »

Quant à la demande, elle devrait aussi être conséquente.

« Mais il y a un grand nombre de correcteurs (ou soi-disant correcteurs), les clients n’ont pas besoin de chercher. Il y a donc peu de demandes officielles et diffusées. »

Florence met l’accent sur la prospection dès qu’elle le peut (« c’est primordial »). Son site internet lui amène aussi des demandes.

Ses clients sont situés en France ou à l’international (Saint-Barthélemy, Malte, Burkina Faso…) et peu en local.

Quels sont ses conseils pour devenir correcteur ?

« Suivre une formation de correcteur, faire une étude de marché avant de se lancer, être patient. »

Par ailleurs, Florence ajoute :

« Le métier de correcteur est un métier de l’ombre. Son nom est rarement cité, mais il apporte souvent beaucoup à un texte. C’est aussi un métier très ancien, peu connu, mal reconnu, les correcteurs eux-mêmes se faisant oublier… Il est aussi menacé par les logiciels de correction qui se perfectionnent de plus en plus, même si, pour l’instant, la réflexion "humaine" est encore nécessaire. »

Anne Mortelecque est secrétaire et correctrice près d’Arras (62)

Anne a créé Option Secrétariat en 2009 et propose essentiellement des prestations d’audiotypie et de correction (50 % de son activité). Elle travaille principalement à distance, corrige sur écran, mais aussi sur papier, des articles de presse, par exemple.

« Il n’y a pas de profil spécifique de client en particulier. Tout le monde peut avoir besoin à un moment ou à un autre de se faire relire et corriger. »

Après un bac littéraire et un BTS de secrétariat de direction, Anne a cumulé 25 années d’expériences professionnelles diverses et variées.

« J’ai choisi de me lancer dans l’indépendance pour pouvoir travailler à mon rythme et continuer à enrichir mes connaissances. »

D’après elle, les qualités indispensables pour devenir correctrice sont :

« Rigueur, précision, discipline, humilité, abnégation. »

Les principales difficultés sont :

« Corriger sur écran peut s’avérer épuisant pour les yeux, il est impossible de corriger une journée entière sans faire de pause. »

En ce qui concerne la concurrence :

« Comme dans tous les domaines, on trouve de tout… à tous les prix ! La correction d’écrits est un travail qui demande beaucoup de précision et de réflexion, il ne s’agit pas simplement de vérifier les accords ou les accents. »

A contrario, selon elle, la demande est assez faible.

« Ou en tout cas, il y a peu de publicité autour de ces demandes. Les clients sont difficiles à convaincre de l’utilité de l’externalisation de la relecture. De plus, ils ont souvent des équipes en interne pour la correction. L’externalisation n’est pas leur méthode de travail privilégiée. »

Ses clients la contactent soit via son profil sur internet, soit par le bouche-à-oreille. Ils sont essentiellement basés en France, mais elle travaille aussi parfois à l’international (Suisse, Danemark).

Ses conseils :

« Lire est une chose, corriger en est une autre : il faut sans cesse s’interroger sur les mots, les phrases, la syntaxe, la typographie, etc. Et puis toujours avoir près de soi les dictionnaires récents, ainsi que quelques ouvrages spécifiques à la typographie. »

Marianne Garcia est assistante freelance et correctrice à Narbonne (11)

Marianne a créé son activité en portage salarial en 2006 autour de ses deux passions : la langue française et la langue allemande.

« Mon activité principale est la transcription audio (colloques, conférences, conseils municipaux, interviews, réunions ministérielles, etc.). Toutefois, à certains moments, c’est la correction qui prend le pas sur la transcription. Actuellement, je remplis de nombreuses missions de traduction allemand-français. Il m’arrive aussi de saisir des manuscrits en langue française ou d’être "nègre" pour des écrivains en herbe. »

Son travail est effectué à distance. La correction représente quasiment 50 % de son activité.

Ses clients peuvent être des particuliers (étudiants ou écrivains en herbe), des maisons d’édition, des sociétés de presse, des agences de traduction ou des traducteurs indépendants…

Exemples de prestations :

« Une rédactrice en chef, dans une société de presse, me contacte pour que je relise leur journal avant parution, parce qu’elle trouve que ses journalistes font trop de fautes. Par ailleurs, ils rédigent des fichiers Word, mais après, lorsque la maquette est montée, ils ne gèrent pas les fautes de typographie (espacements, coupures dans les colonnes, etc.).

« Une édition littéraire me contacte pour relire les maquettes de ses ouvrages. Il s’agit essentiellement de corriger les fautes d’orthographe, de grammaire, de typographie, mais lorsqu’une phrase est mal construite par l’auteur, même si l’ouvrage en est au stade de la maquette, je le signale et je propose une solution de réécriture.

« Pour le journal, il m’est arrivé de corriger d’abord sous Word les épreuves, c’est-à-dire les articles rédigés par les journalistes, et puis d’avoir à relire ces mêmes textes au stade de la maquette. Par conséquent, je corrige d’abord sous Word le fichier par le biais du suivi des modifications et ensuite je corrige la maquette avec Adobe Reader XI ou Adobe Acrobat Pro, de manière à insérer des notices avec mes indications de correction. Mais c’est au niveau du graphiste que les corrections s’intègrent en suivant mes annotations de correction. »

Après son bac décroché en 1980, Marianne s’est orientée vers un BTS secrétariat de direction bilingue français-allemand. Elle a ensuite eu plusieurs emplois, en CDI, mais aussi beaucoup de CDD, en tant que secrétaire commerciale et administrative, puis comme employée de banque. Elle est après restée mère au foyer pendant 15 ans.

« Lorsque je me suis lancée, j’ai commencé en autodidacte. J’ai envoyé 600 candidatures auprès de maisons d’édition pour recevoir une réponse positive de la part d’une édition belge avec laquelle je travaille toujours aujourd’hui. »

Au départ, elle n’a pas pu suivre de formation de correctrice. Celle du CREEC (CEC, aujourd’hui) pouvait s’effectuer à distance, mais coûtait relativement cher. Quant à la formation FORMACOM, elle nécessitait de pouvoir loger sur Paris pendant six mois.

« J’ai donc questionné des professionnels sur des forums, des éditeurs par téléphone, j’ai trouvé des sites, j’ai fait la connaissance d’une collègue, décédée aujourd’hui, qui m’a légué un réel héritage avant de partir, en m’ayant expliqué sa méthode de fonctionner. »

Marianne est également passionnée par le scrabble duplicate (scrabble de compétition).

Elle s’est rendue à Montpellier l’année dernière pour passer les épreuves de la certification Voltaire où elle a obtenu le score de 830/1000.

En tant que correctrice, elle travaille notamment avec Adobe Acrobat Pro qui lui permet d’insérer des notices (post-it) avec ses commentaires pour indiquer les modifications à intégrer dans les fichiers PDF, ainsi qu’avec le logiciel Antidote.

« Ce logiciel analyse un texte et traque la moindre faute d’orthographe, de grammaire, met en exergue les doublons, les pléonasmes, etc. Cela dit, si vous n’avez pas la culture suffisante pour comprendre la faute qu’il souligne, vous pouvez rajouter des erreurs supplémentaires dans le texte que vous êtes censé(e) corriger. »

Elle cite encore le Ramat de la typographie qui constitue « une bible en matière de langue française (orthographe, grammaire, typographie), mais aussi en matière de typographie internationale ».

D’après elle, les qualités indispensables pour devenir correctrice sont :

« Aimer la langue française et la respecter, aimer travailler de manière sédentaire, détecter les pléonasmes… Il ne s’agit donc pas que de questions d’orthographe, de grammaire, de typographie, mais aussi de vocabulaire.
Avoir de l’esprit critique et de la curiosité, car parfois il faut vérifier la cohérence des informations, notamment lorsqu’il s’agit d’un lieu ou d’un endroit lié à un évènement historique. Tout cela demande une grande concentration, une culture solide
. »

Les principales difficultés sont :

« Il faut une culture littéraire solide pour déjouer les pièges de la langue française, et surtout une concentration à toute épreuve. »

Marianne est inscrite sur un forum de correcteurs professionnels.

« L’atmosphère y est très cordiale. Nous nous donnons des tuyaux. Lorsqu’un correcteur se trouve devant un problème qu’il ne sait pas résoudre, il s’adresse à ses confrères, qui lui apportent des solutions. »

En ce qui concerne la demande :

«  Il y a des demandes, surtout en région parisienne, mais il faut dire que, dans bon nombre de cas, ils veulent des correcteurs salariés ou missionnés sur site. Il est vrai que, en étant basée en province et en travaillant uniquement à distance, je passe à côté de ces missions-là. Mais il ne faut pas oublier que je ne suis pas uniquement correctrice et que j’ai aussi des missions dans des champs de compétences différents. »

Marianne trouve ses clients via des portails (Portail du livre, Motamot, annonces sur le Forum des correcteurs sur Yahoo), via ses sites ou par le bouche-à-oreille, « un(e) client(e) satisfait(e) va parler de moi à une société ou un client en recherche de correcteur ».

Ce sont des clients nationaux ou internationaux plutôt que locaux.

Quels sont ses conseils pour devenir correcteur ?

« Il faut s’armer d’humilité, car on croit connaître la langue française, et elle nous réserve des pièges en permanence. Par ailleurs, il faut s’armer de patience et accepter de ne pas trop souvent prendre l’air. »

Par ailleurs, Marianne ajoute :

« Comme on est amené à corriger des textes portant sur des sujets divers, on apprend énormément de choses. Mais comme le cerveau est concentré sur la forme, on ne peut pas retenir énormément d’éléments relatifs au fond. »

Mélanie Sorbets-Le Meur est rédactrice-correctrice en Charente (16)

Mélanie a créé La plume et la gomme en 2013 autour de deux activités : la correction professionnelle et la rédaction journalistique pour le web.

« Elles pourraient sembler à première vue contradictoires, mais elles sont, pour moi, complémentaires. La correction professionnelle demande une rigueur implacable, la rédaction journalistique est elle aussi rigoureuse, mais fait appel à ma créativité et mon goût intarissable pour le pluralisme des matières. »

La correction représente actuellement 40 % de son activité. Outre la rédaction web et journalistique, Mélanie vient de débuter une nouvelle activité : l’écriture de biographie.

Elle exerce principalement à distance, mais se déplace aussi pour certains clients comme le conseil départemental de Charente qui préfère discuter des corrections de visu.

« J’ai débuté mon activité par des corrections de romans et la correction des différentes brochures et magazines édités par mon département : la Charente, mon fidèle client depuis bientôt 2 ans. Puis j’ai travaillé sur des corrections de sites internet, de documents administratifs d’entreprise, d’articles web, de brochures pour de grands groupes immobiliers… Récemment, j’ai même corrigé des panneaux de présentation pour un musée ! »

Mélanie distingue deux sortes de corrections : la correction traditionnelle, « en utilisant les signes de corrections sur papier » et la correction informatique.

Elle propose également deux niveaux de correction :

  • une correction orthographique simple : syntaxe, orthographe, ponctuation, mise en page, orthotypographie (majuscules, traits d’union) ;
  • une correction orthographique et rédactionnelle : «  je me permets de proposer des solutions de réécriture (ou rewriting) afin d’éviter les lourdeurs, les répétitions, les erreurs de sens, les barbarismes. »

Son parcours professionnel est assez éclectique et a commencé par une maîtrise LLCE italien (Langues, littératures et civilisations étrangères).

« J’ai décidé de devenir correcteur professionnel grâce à une très belle rencontre avec une auteure talentueuse. Ma première correction a été celle de son roman, en tête-à-tête pendant deux mois, à échanger, rire et pleurer parfois… J’avais enfin trouvé une voix qui me correspondait et en parfaite adéquation avec mon parcours scolaire et universitaire. »

Elle a décidé de suivre la formation dispensée par le CEC de Paris et dirigée par Jean-Pierre Colignon, ancien chef correcteur au journal Le Monde, et Jacques Décourt, professeur de journalisme à Lille.

« Je conseille cette formation à tous les aspirants correcteurs. Elle est souvent difficile, parfois capillotractée, mais les acquis sont considérables et donnent une réelle aisance pour affronter la réalité du métier. »

Les anciens élèves du CEC disposent par ailleurs d’une page Facebook, « un lien indispensable entre professionnels car nous sommes très souvent seuls face à nos écrits ».

D’après elle, les qualités indispensables pour devenir correctrice sont :

« Assez logiquement, avoir un très bon niveau en orthographe et en grammaire !
Mais aussi, le sens du mot juste, de la sonorité de la phrase, du découpage littéraire. Le correcteur effectue souvent de la réécriture de phrases ou de textes, il est donc indispensable d’avoir une culture littéraire.
Sans oublier que le correcteur n’est pas l’écrivain. Il doit rester fidèle à l’esprit de l’auteur qu’il corrige, au style, à la ponctuation utilisée et au rythme de ses phrases. Le correcteur est là pour sublimer un texte, pas pour l’écrire à sa manière !
 »

Les principales difficultés sont :

« La principale difficulté de cette profession est la crise que traversent les maisons d’édition et le milieu journalistique. Face à cela, beaucoup corrigent en interne ou pire… plus du tout ! Il n’est pas rare aujourd’hui de trouver des fautes dans un livre ou un article de presse, il y a quelques années cela aurait été impensable.
Toutefois, le web a ouvert de nouvelles opportunités aux correcteurs, à nous de savoir les prendre !
 »

En ce qui concerne le marché de la correction :

« Il y a énormément de demandes dans ce secteur, mais certains sites discount proposent des prestations bas de gamme tellement alléchantes que beaucoup se font piéger… Le problème de cette profession, comme beaucoup d’autres, est qu’elle ne demande pas de diplôme spécifique pour être exercée. »

Pour sa part, Mélanie trouve essentiellement ses clients via internet.

« Grâce à ma seconde activité de rédactrice web, j’ai appris rapidement à me servir des bienfaits du référencement par Google. Mon blog, la plume et la gomme en liberté, alimenté de mes articles et mes photos puis proposés sur les réseaux sociaux, contribue largement à faire disparaître les frontières. Ainsi, j’ai récemment corrigé des écrits d’une cliente de Turquie et d’un entrepreneur au Mali. Tout en continuant à travailler avec des acteurs de mon département ! »

Quels sont ses conseils pour devenir correcteur ?

« Une formation est un outil incroyable pour se sentir à l’aise et développer d’une façon optimale ses capacités littéraires. Il s’agit aussi d’être conscient que la prospection commerciale est indispensable. Ne vous lancez pas dans ce type d’activité sans avoir des facilités relationnelles car elles seront souvent mises à rude épreuve ! Enfin lire, lire de tout. Sans à priori, lire partout et tout le temps… »

Caroline Landré est correctrice et rédactrice dans le Cantal (15)

Caroline a créé Papiers à lettres au sein de la Scop Oxalis en juillet 2014 et par le biais d’un contrat CAPE qui lui permet de tester la viabilité de son projet.

« J’avais tout d’abord eu l’idée d’un projet d’installation en écrivain public qui s’est finalement transformé en prestations de correction et rédaction pour les professionnels. C’est en effet ces domaines que j’ai commencé à développer et pour lesquels j’avais eu le plus de retours. Ne négligeant pas mon expérience professionnelle antérieure, j’ai également complété mon offre par des prestations de secrétariat indépendant. »

Ses prestations de correction représentent environ 50 % de son chiffre d’affaires, essentiellement pour le compte d’éditeurs.

« En phase de correction d’un ouvrage, il convient de corriger non seulement les fautes d’orthographe, mais aussi de grammaire, conjugaison, syntaxe, ponctuation et typographie. Je maîtrise également les règles de mise en page des textes et des ouvrages (interlignage, interlettrage, styles de typographie – mécanes, scriptes, didones... –, césures). Ce qui me permet ainsi de proposer la mise en page de textes sur logiciels de PAO tels qu’InDesign, dans les règles de l’art. »

Le fait qu’elle maîtrise le fonctionnement de la chaîne graphique permet aussi à Caroline de se distinguer face à la concurrence.

Elle travaille principalement sur du livre et à distance, « ce qui est bien pratique quand on habite dans le Cantal ».

« Je travaille par exemple avec un gros éditeur situé à Toulouse, un autre à Paris et un autre dans les montagnes du Cantal (encore plus isolé que moi !). »

Depuis peu, elle a remporté un appel d’offres pour la correction des textes scientifiques et signalétiques du Musée du Louvre.

Sinon, elle trouve ses clients par prospection mail et téléphonique, « mais ils sont très sollicités ».

« Il ne faut pas avoir peur de relancer, car le tout est de tomber au bon endroit au bon moment. Il s’agit d’une étape longue et fastidieuse, souvent décourageante, car le métier de correcteur n’est en soi pas très bien rémunéré malgré les connaissances qu’il faut posséder, aussi bien en français qu’en typographie et culture générale. »

Caroline est titulaire d’un BTS en édition de l’école Estienne à Paris.

« Grâce à ce diplôme (même avant son obtention), j’ai été embauchée en imprimerie en service commercial et j’ai continué de travailler dans ce domaine pendant treize ans. »

C’est après son licenciement économique qu’elle a décidé de réorienter sa carrière vers le milieu de l’édition en devenant correctrice.

Elle a passé le Certificat Voltaire pour valider le niveau de ses connaissances et a atteint le score de 963 sur 1000 (score atteint par 3 candidats sur 1 000).

D’après elle, les qualités indispensables pour devenir correctrice sont :

« Une grande culture générale, une grande adaptabilité à la demande, posséder des connaissances très pointues en linguistique (être "bon en français" ne suffit vraiment pas)…
Une connaissance poussée du code typographique et des règles de ponctuation…
Un expert en correction devrait maîtriser les espaces fines insécables ou les tirets cadratins, ce qui n’est pas le cas de tous.
Des connaissances précises dans un domaine particulier (histoire, informatique, droit, etc.) peuvent être un vrai plus
. »

Les principales difficultés sont :

« La fatigue visuelle ! À force de fixer les lignes, on peut rapidement perdre le fil du raisonnement et ne pas détecter une erreur de syntaxe ou un pléonasme grammatical.
La concurrence des bénévoles, voire des autoentrepreneurs sur certains types de marchés publics, les prix très bas.
Il faut surtout se dire qu’on apprend tous les jours, et que le correcteur est comme le vin, il se bonifie avec le temps
. »

Ses conseils :

« Pour construire une activité pérenne, je conseille de ne pas se contenter de cette seule activité. Certains correcteurs proposent des prestations annexes comme le conseil en écriture. Pour ma part, je diversifie avec de la rédaction pour le Web ou pour du print, comme rédiger un dossier de présentation d’une activité, ou de la transcription. Ce type d’activité peut vite devenir monotone, bien que chaque livre corrigé renferme sa dose de challenge à relever. Il faut rester très adaptable et tout terrain pour chaque demande, et un peu caméléon dans le sens où il faut savoir prendre le ton et le style de l’auteur afin de réécrire au mieux les passages problématiques. »

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