Quitter son CDI pour devenir secrétaire freelance
Publié le mercredi 19 septembre 2018 par Celine Lieffroy | 1 commentaires
Classé dans : Se lancer - Risques - Motivation - Salariat -

Cela peut paraître osé, et pourtant elles l’ont fait !

Delphine, Virginie, Maud, Andrea et Fatou ont choisi d’arrêter leur CDI pour se lancer comme freelance.
Démission, disponibilité, rupture conventionnelle, quelles ont été leurs motivations, comment ont-elles fait ?...

Voici leurs témoignages pour Croquefeuille, que vous pourrez compléter par votre situation en commentaire.

Delphine : « J’ai découvert que le poste que j’occupais pouvait exister en indépendant et à distance »

Installée dans l’Hérault, Delphine a créé Scrib’AO au sein de la coopérative d’activités Crealead, en avril 2018.
Spécialisée dans l’audiovisuel, elle vise toutes les entreprises désireuses de répondre aux marchés publics, et leur propose un accompagnement dans leur réponse aux appels d’offres.
Elle exerce uniquement à distance, depuis son domicile.

Elle a envisagé de se lancer comme secrétaire freelance quand elle s’est rendu compte que le fait de travailler pour un patron, dans un cadre de travail imposé, ne lui convenait plus.

« J’ai eu l’envie de tenter l’aventure entrepreneuriale en exerçant depuis mon domicile.
J’ai pensé aux métiers que je pouvais exercer chez moi, avec un minimum d’équipement et avec mes compétences actuelles.
J’ai consulté des articles et les sites internet de professionnel.le.s. De fil en aiguille, je suis arrivée sur le forum les-telesecretaires.com
J’ai finalement découvert que le poste que j’occupais pouvait tout à fait exister en indépendant et à distance
. »

Son objectif était de « gagner en liberté » et de stimuler son « sens des responsabilités ».

« Je sentais que j’avais des capacités qui n’étaient pas valorisées, et que je pouvais aller plus loin en créant ma propre entreprise. »

Delphine occupait alors à temps plein, depuis plus de 5 ans, un poste de chargée de production.

« Les tâches que je réalisais et la méthodologie de travail ne me convenaient plus, car elles me semblaient redondantes ou incohérentes. Je perdais le goût et le sens de mon travail. »

Son choix de se lancer ne s’est pas fait sans hésitations, face notamment à la peur de ne pas parvenir à se dégager un revenu suffisant.

« À force de me documenter, j’ai constaté qu’il était parfaitement possible de vivre de cette activité, mais qu’il fallait pour cela une certaine méthode pour ne pas s’éparpiller ou commettre des impairs. »

Il faut dire que son cadre de travail se dégradait considérablement, ce dont elle souffrait.

« Un événement m’a fait comprendre que je n’avais plus rien à attendre ni de mon poste ni de mon employeur, et que je ne pouvais plus progresser. »

Elle a alors intensifié ses recherches sur le métier de télésecrétaire pour préparer son départ, puis a négocié une rupture conventionnelle avec son employeur.

Elle quittait son poste un mois plus tard, pour se plonger dans l’étude du Pack installation (guide + forum) pour préparer son projet entrepreneurial.

Delphine étant d’un naturel discret, personne dans son entourage ne s’attendait à ce qu’elle ose quitter son CDI malgré les difficultés rencontrées.

« Il y a eu des appréhensions, mais face à mes explications et à ma détermination, personne n’a tenté de me faire changer d’avis. »

Son compagnon a rapidement accepté son choix.

« Cela dit, mon choix n’est pas toujours compris, mais il est au moins respecté. »

Delphine a longtemps hésité entre le portage salarial et la coopérative d’activités.

« Mon souhait était de maintenir un salaire mensuel fixe et de me décharger de l’aspect administratif, comptable et fiscal de l’entreprise.
J’ai quelques connaissances dans ces domaines, mais je souhaitais pouvoir me consacrer exclusivement à ma prospection, mes projets et mon développement
. »

Elle a finalement opté pour la coopérative pour les synergies, et parce qu’elle souhaitait être moins isolée dans son travail et pouvoir échanger...

Si c’était à refaire…

« Même si mon aventure a débuté il y a peu, je sais que ce choix est le meilleur que j’aie fait dans ma vie professionnelle.
Je me suis écoutée, j’ai respecté mes besoins et mon rythme. Pour la première fois, je suis en totale cohérence avec moi-même
. »

Ses conseils pour celles et ceux qui voudraient se lancer :

« Couche sur le papier tes peurs et tes besoins afin de les clarifier dans ton esprit.
Renseigne-toi sur les possibilités qui s’offrent à toi pour remplir chacun de tes besoins et apaiser tes peurs.
Tu verras qu’au fur et à mesure tes peurs seront moins importantes que tu ne le penses.
Tu te sentiras prêt.e lorsque le fait de te lancer t’effrayera moins que le fait de rester englué.e dans ta situation actuelle
. »

Virginie : « À ce moment-là, seul mon mari croyait en moi ! »

Installée à Orival, en Normandie, Virginie a créé Idéal Normandie Secrétariat en mai 2018.
Elle propose de l’assistance administrative, de l’organisation événementielle et des prestations de retranscription audio à ses clients indépendants, artisans et particuliers.
Elle exerce à distance, depuis son domicile, et sur site.

Elle a eu l’idée de se lancer en tant que secrétaire indépendante en demandant à titre personnel des devis à des artisans dont les délais pour obtenir ces devis étaient excessivement longs.

« Ces entrepreneurs débordés me confient ne pas avoir le budget pour embaucher une secrétaire.
Ayant moi-même entrepris dans le commerce il y a quelques années, j’ai conscience des lourdes charges et contraintes liées à l’embauche.
J’ai donc démarré des recherches sur Google afin de savoir si ce genre d’activité se faisait déjà, et j’ai découvert ce métier de secrétaire indépendante sur Croquefeuille !
 »

Virginie avait alors envie d’entreprendre à nouveau, et besoin de liberté pour gérer son emploi du temps afin d’être plus disponible pour ses deux enfants.

Elle exerçait alors comme secrétaire de direction en CDI et à temps plein.

« Ce poste ne me convenait plus, puisque mon employeur, expert en charges sociales, me demandait de plus en plus un travail d’expert rémunéré comme une secrétaire… »

Pourtant, elle craignait de quitter sa stabilité financière.
D’ailleurs, sa famille ne l’encourageait pas à le faire…

« À ce moment-là, seul mon mari croyait en moi ! »

Elle a malgré tout passé plusieurs mois à travailler dur sur la préparation de son projet, en parallèle de son emploi salarié.

« Très vite, j’ai manqué de temps et je me suis sentie débordée.
Concilier le travail, la vie de famille et la réalisation de mon projet devenait de plus en plus compliqué.
 »

Pour se consacrer uniquement à son projet, elle a fini par demander une rupture conventionnelle.

« J’étais bien évidemment stressée, puisque je ne savais pas si mon employeur allait me comprendre et accepter ma demande. »

Sa rupture conventionnelle acceptée, Virginie a fait l’acquisition du Pack installation avant de contacter la Chambre des métiers et de l’artisanat.

« J’avais déjà commencé mon travail sur le projet (nom, logo, CGV, devis, facture...), mais le pack m’a permis de mieux structurer mes idées. »

À la CMA, elle a assisté à une réunion d’information « les vendredis de la création », puis elle a pris un RDV individuel pour un accompagnement personnalisé, avant son inscription au stage de préparation à l’installation et son immatriculation.

« Lorsque j’ai présenté mon concept, ma base de données, mes CGV, ma page Facebook, mon site internet, etc., à ma famille et à mon entourage, alors là, j’ai reçu tous les encouragements ! »

Regrette-t-elle son choix ?

« Absolument pas ! Dès le début de mon activité, j’ai eu des clients formidables.
Je me sens libre et professionnellement épanouie
. »

Ses conseils pour celles et ceux qui voudraient se lancer :

« Investir dans le pack installation ;-) »

Maud : « Mon corps a dit stop au secrétariat en médecine générale. »

Installée à La Flèche, dans la Sarthe, Maud a créé Clicodom en juin 2015.
Assistante administrative et commerciale freelance, elle travaille à distance, depuis chez elle, mais se déplace régulièrement chez ses clients quand cela est nécessaire.

« J’étais secrétaire et j’avais envie d’indépendance. Donc, j’ai cherché sur internet un métier qui relie les deux… Et je suis tombée avec bonheur sur le Pack que tu vendais. J’ai demandé à intégrer le forum, ce qui m’a confortée dans ma décision. »

Il faut dire qu’après trois ans dans le même cabinet comme secrétaire médicale, Maud ne se sentait pas bien à son poste.

« Il me convenait au début, mais plus vers la fin. Trop de pression des patients et des médecins. Et comme je suis très empathique, j’avais tendance à ramener chez moi les problèmes de santé des patients (cancers chez les adultes et les enfants). »

C’est finalement une hospitalisation et un arrêt de travail de plusieurs mois qui l’auront décidé à franchir le pas.

« Mon corps a dit stop au secrétariat en médecine générale.
J’ai attrapé un virus qui se nomme myosite virale avec atteinte musculaire. Je ne pouvais plus marcher. J’ai mis 2 années à récupérer mes facultés, mais aujourd’hui, ça va !
 »

Maud a donc décidé qu’elle ne pouvait plus rester là-bas.
Elle a fait une demande de rupture conventionnelle qui a été acceptée.

« Mon employeur était assez triste que je parte.
Il y perdait, car j’ai apporté beaucoup dans ce cabinet, mais il a compris le pourquoi.
 »

Contrairement à ses parents, inquiets de ce changement, elle n’a ressenti aucune peur.

« Je savais profondément que je ne pouvais plus rester là-bas. J’ai tendance à suivre mon intuition, et cela me réussit plutôt bien. Je fais beaucoup de développement personnel pour ça. »

Soutenue par son conjoint, elle s’est finalement immatriculée comme auto-entrepreneure.

Aujourd’hui, elle n’a aucun regret. Et si c’était à refaire, elle agirait de la même façon.

Quels sont les conseils qu’elle donnerait à une personne en CDI qui souhaiterait se lancer comme secrétaire freelance ?

« Si elle est bien sûr de son projet, je lui dirais soit de demander à faire un mi-temps dans son travail et de lancer son activité en même temps, soit de demander une rupture conventionnelle. Mais si ce métier est son rêve, il faut qu’elle fonce ! »

Andrea : « Sans cet argent, je n’aurais sans doute pas pu tenir. »

Vivant entre Pornichet et l’Allemagne, Andrea a créé Côté Langues en 2013, au sein de la coopérative l’Ouvre-Boîtes 44

C’est un peu par hasard qu’elle travaille aujourd’hui en tant que linguiste freelance (traductrice, rédactrice web, community manager, formatrice et relectrice)…

« Mes clients m’ont trouvée alors que j’étais en congé parental. C’étaient deux éditeurs, l’un d’un magazine bilingue et l’autre de guides touristiques. Mon tout premier projet en tant que traductrice freelance fut donc la traduction d’un guide sur la Normandie du français vers l’allemand. »

C’est en cherchant un moyen de facturer ces premiers projets qu’elle s’est tournée vers l’Ouvre-Boîtes 44.

Andrea a alors demandé une disponibilité de son poste de professeure de lettres allemandes et de FLE dans un établissement scolaire en Allemagne (disponibilité prolongée depuis).

« Pour avoir un complément durant ma première année d’entrepreneuriat en France, j’ai fait quelques remplacements dans des collèges et lycées hôteliers de la région nantaise, ainsi qu’un contrat en section internationale allemande (en CDD). »

En outre, elle reconnaît avoir mis un peu d’argent de côté pour se lancer.

« Sans cet argent, je n’aurais sans doute pas pu tenir, le temps d’avoir assez de clients. »

Mère célibataire, expatriée en France, elle n’a pas pu compter sur le soutien de sa famille.

Mais elle a choisi de se faire accompagner par des professionnels : d’abord par la BGE de Nantes, puis l’Ouvre-Boîtes 44.

Andrea a opté pour le statut d’entrepreneure-salariée.

« J’aime bien l’esprit d’entreprendre ensemble, de vouloir changer la société, de s’engager pour les autres.
J’ai aussi pas mal échangé avec d’autres entrepreneurs, notamment d’autres traducteurs
. »

Elle privilégie les contrats à l’année, mais évite d’accorder trop d’heures à un seul et même client.

« À un moment donné, j’ai fait l’erreur d’accorder trop de temps à un seul client, ce qui peut être problématique quand ce client a des problèmes financiers ou décide de changer de prestataire. Maintenant, le maximum que je consacre à un seul client est de 28 heures par mois. »

Ses conseils :

« Essayer d’avoir une disponibilité, car il faut compter minimum 3 ans pour pouvoir vivre de son activité. Il est donc nécessaire d’avoir d’autres ressources.
Il est essentiel de faire du réseautage pour se faire connaître et avoir des clients.
C’est bien aussi de rencontrer d’autres personnes avec la même activité. On peut toujours apprendre des autres, se dépanner, etc. Ensemble, on va plus loin !
 »

Fatou : « Si mon activité n’avait pas décollé, je serais sans ressource »

Installée dans les Hauts-de-Seine, Fatou a créé Fatou Secret’R, en janvier 2017.

Elle avait exercé 14 ans comme secrétaire médicale avant de se lancer, elle en a donc fait sa spécialité.

Sa clientèle reste néanmoins diversifiée : médecins, infirmières, centres de formation, artisans…
Elle exerce essentiellement à distance, mais également un peu sur site (20-30 %).

C’est une collègue qui lui avait donné envie de se lancer, il y a plusieurs années (8 ans), mais ses enfants étant alors petits, elle avait préféré attendre.

« Vers fin 2015, l’idée commençait vraiment à me travailler. J’ai commencé à me renseigner, à mettre en place mon projet, et au bout de 6 mois, j’ai obtenu mon premier client. »

Sa motivation principale était : « Être mon propre patron ! »

« Le milieu médical est très difficile, avec aucune considération envers la secrétaire. »

Elle souhaitait également être plus disponible pour ses enfants, « en arrêtant de les déposer dès 7 heures, quand j’étais du matin, ou de ne les reprendre qu’à 19heures, lorsque j’étais du soir. »

Lancée en micro-entreprise en janvier 2017, elle avait été accompagnée par la BGE, sur les conseils de sa mairie.

« Je n’ai rien appris avec eux. La personne découvrait que l’on pouvait faire du secrétariat de chez soi. En plus, elle m’a mal orientée pour mon immatriculation. Il a fallu que je passe le SPI 8 mois après ! »

Encore salariée à temps plein, la situation devenait compliquée, car elle devait travailler après le boulot, ce qui engendrait de la fatigue et du stress.

Finalement, après « une altercation de trop », et le refus de sa demande de rupture conventionnelle, Fatou donne sa démission.

C’est donc sans aucune aide qu’elle se lance à temps plein dans l’aventure, même après la révision de son dossier par Pôle emploi.

Heureusement, sa famille la soutient : « ils sont fiers de moi  ».

Aujourd’hui, elle n’a aucun regret, mais ne conseillerait pas forcément de faire comme elle.

« Après coup, je me dis que si mon activité n’avait pas décollé, je serais sans ressource et obligée de reprendre le salariat. Je conseillerais plutôt de chercher les clients avant de démissionner, quitte à diminuer son temps de travail et ensuite démissionner, si la rupture conventionnelle n’est pas possible. »

Et vous, avez-vous envisagé de quitter votre CDI pour vous lancer en freelance ?
Dites-le en commentaire !

Crédits photo : Josh Ward

Commentaires
Le vendredi 5 octobre 2018 à 12h22

Bonjour Céline,

Les témoignages sont intéressants et motiveront assurément celles et ceux qui souhaitent se lancer en parallèle de leur CDI.

J’apprécie également de lire les retours d’autres secrétaires en coopérative d’activités ;)

Comme tu le sais, mon cas est un peu particulier. Si j’ai voulu me mettre à mon compte, c’est aussi pour conserver mon CDI temps partiel. Sans mon activité indépendante, il ne me serait pas possible de le conserver à cause du nombre d’heures trop faible. Après plus de deux ans, je suis ravie de constater que cela fonctionne. Je suis très heureuse dans mon travail autant comme salariée que comme entrepreneure-salariée.

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